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Vendredi 27 septembre 2013

Soudan : Plus de 50 morts dans les manifestations contre le prix de l’essence

Internet vient d’être rétabli dans le pays après une coupure de 24 heures et les informations recommencent à circuler. Amnesty International (A.I.) et l’African Center for Justice and Peace Studies ont appelé le gouvernement soudanais à cesser de tirer sur les manifestants, A.I. dénonçant les instructions données aux forces de police de “tirer pour tuer” en visant “la tête et le torse”.
Depuis lundi, les manifestations se sont multipliées, d’abord dans le Sud de Khartoum, la capitale, puis dans d’autres villes du pays, en raison d’une augmentation brutale du prix de l’essence qui a presque doublé en une nuit. Les manifestants appellent le Président, Omar el-Bashir, qu’ils accusent de corruption, à quitter le pouvoir. Les manifestations qui sont parmi les plus importantes qu’ait connu le Soudan depuis l’arrivée au pouvoir de Bashir par un coup d’Etat, en 1989, ont commencé après l’annonce de coupes dans les subventions à l’achat de l’essence à la pompe.
La séparation du Sud Soudan d’avec le Soudan, en juillet 2011, a privé le pays de 75% de ses réserves de pétrole brut.
Les autorités soudanaises estiment que les morts ne dépassent pas 29 personnes et accusent les manifestants d’actes terroristes. Les ONG de défense des droits humains évaluent à au moins 50 le nombre de morts, tandis que des chiffres plus élevés (entre 60 et 100) circulent du côté des activistes et des médecins. D’autres manifestations sont prévues aujourd’hui, après la prière.

GIEC : L’activité humaine à l’origine du réchauffement climatique “sans équivoque”

Le rapport final, long de 2000 pages, sera publié lundi ; en attendant, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (G.I.E.C. ou I.P.C.C. en anglais) a rendu public un résumé de 26 pages aujourd’hui. Les conclusions ne sont pas nouvelles, mais le degré de certitude s’est accru. Le réchauffement climatique est imputable “avec une immense probabilité” aux êtres humains. En 2007, un précédent rapport jugeait ce lien “très probable”.
Les conclusions du rapport reposent sur les données compilées ces quatre dernières années par 259 scientifiques de 39 pays différents. Ses affirmations sont importantes car elles servent de base aux négociations sur le climat des Nations Unies. Les prochaines négociations doivent reprendre en novembre à Varsovie et l’accord sur les moyens de lutter contre le changement climatique doit être finalisé à Paris en 2015.
Parmi les éléments livrés dans le résumé : les températures devraient augmenter de 2°C d’ici la fin du siècle par rapport à celles de 1850-1900 ; les vagues de chaleur et de pluie devraient s’intensifier ; la banquise arctique qui subsiste en été pourrait avoir complètement disparu d’ici la fin du siècle (elle a déjà diminué plus vite ces 30 dernières années que durant les 2000 ans précédents).
L’un des aspects les plus surprenants du rapport est le ralentissement du réchauffement climatique ces 15 dernières années : alors que les climato-sceptiques y voient une remise en question du réchauffement climatique, les auteurs du rapport mettent en garde contre des mesures faites à court terme qui ne reflètent pas les évolutions de long terme.

Armes chimiques en Syrie : Accord russo-américain sur un projet de résolution

L’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Samantha Power, l’a annoncé sur son compte Twitter : un accord a été trouvé entre Russes et Américains sur un projet de résolution concernant les armes chimiques syriennes. Le projet devrait être présenté par le Royaume-Uni au Conseil de Sécurité des Nations Unies et pourrait être voté ce soir à 20 heures, heure locale.
L’un des points de dissension concernait le vote de cette résolution sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies, qui prévoit le recours à la force en cas de non respect de la résolution, une option rejetée par la Russie. Selon le projet de résolution obtenu par l’agence d’information Reuters, les mesures prévues sont légalement contraignantes, comme le voulaient les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, mais aucun moyen n’est prévu pour les mettre en oeuvre automatiquement.
La question du traitement des armes chimiques syriennes reste aussi en suspens. Seuls les Etats-Unis et la Russie ont les moyens de faire face aux stocks d’armes chimiques de la Syrie, mais leur importation est interdite par la loi américaine, et la Russie a d’ores et déjà indiqué qu’elle refusait de les prendre en charge sur son territoire. La Convention sur les armes chimiques interdit en outre leur exportation. Moscou juge que “leur destruction sur le territoire syrien est la meilleure option”.
Mercredi, d’autres experts des Nations Unies sont arrivés en Syrie pour une seconde mission impliquant l’utilisation d’armes chimiques sur 14 sites supplémentaires. La première mission portait sur l’utilisation d’armes chimiques à la Ghouta, à l’Est de Damas, où près de 1500 personnes avaient trouvé la mort le 21 août.

Expulsion d’un camp Rom à Roubaix

La police française a évacué un camp de Roms ce matin à Roubaix, dans le Nord de la France, près de la frontière belge. Les policiers sont arrivés à 7 heures du matin pour chasser les caravanes. Plusieurs Roms avaient déjà quitté le camp, où 200 personnes vivaient. Cette expulsion intervient après la tenue par le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, de propos vivement critiqués : Valls a déclaré mercredi que seule une petite minorité de Roms pourrait un jour s’intégrer à la société française, mais que la majorité “devait être renvoyée hors des frontières”. Selon Amnesty International, près de 10 000 Roms ont été expulsés de campements temporaires depuis début 2013, et les déclarations de Manuel Valls risquent de “perpétuer les stéréotypes et encourager l’animosité” à l’égard de populations déjà stigmatisées.
Environ 20 000 Roms sont installés en France ; ils viennent principalement de Roumanie, Bulgarie et ex-Yougoslavie. Manuel Valls est un fervent opposant à la liberté totale de circulation des Roumains et Bulgares dans l’espace Schengen.
La Vice-Présidente du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, Majdouline Sbai, a critiqué l’expulsion, soulignant que de nombreux enfants Roms étaient inscrits dans les écoles et qu’aucune solution d’hébergement alternative n’avait été proposée.

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