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Lundi 2 septembre 2013

Obama demande un vote du Congrès

Samedi soir, le Président américain, Barack Obama, a pris par surprise ses plus proches conseillers en annonçant qu’il demandait un vote du Congrès sur les frappes américaines en Syrie. Après la défaite cinglante du Premier Ministre britannique, David Cameron, jeudi soir à la Chambre des Communes, où les parlementaires avaient rejeté par 285 voix contre 272 une intervention militaire britannique en Syrie, Obama avait d’abord annoncé des frappes américaines durant le week-end, avant de se rétracter. Il attendra donc la rentrée parlementaire, prévue le 9 septembre, pour consulter représentants et sénateurs américains.
Cette consultation, qui sera précédée par une semaine d’intense activité pour convaincre le Congrès d’approuver cette intervention, a pour but de donner à toute “intervention militaire en Syrie une plus grande crédibilité”. Le Secrétaire d’Etat, John Kerry, s’est toutefois empressé d’ajouter qu’il n’envisageait pas “que le Congrès vote “non”", soulignant que, quelle que soit l’issue du vote, le Président avait “l’intention d’agir” – des remarques qui ne sont pas sans soulever quelques questions sur la valeur accordée à ce vote par l’administration Obama.
John Kerry a répété détenir l’existence de preuves d’utilisation du gaz sarin par le régime de Bachar el-Assad, faisait référence à des “échantillons de sang et de cheveux”, acheminés depuis l’Est de Damas. Il s’agit d’éléments indépendants de l’enquête menée par les inspecteurs des Nations Unies, a-t-il précisé.
Au Royaume-Uni, alors que la perspective d’un vote du Congrès américain aurait pu ouvrir une deuxième fenêtre de tir pour le gouvernement de David Cameron, le Ministre des Affaires étrangères, William Hague, a exclu tout retour devant la représentation nationale pour une intervention militaire en Syrie : “Nous n’allons pas revenir chaque semaine” pour demander quelque chose que les parlementaires ont rejeté.

Hollande en porte-à-faux après l’annonce d’Obama

Le Président français, François Hollande, qui avait maintenu la possibilité d’une frappe militaire française contre la Syrie vendredi, après le vote négatif par la Chambre des Communes britannique, se trouve désormais dans une position délicate du fait du choix du Président américain de consulter la représentation nationale. Alors qu’en vertu de l’article 35 de la Constitution, le Président n’est pas tenu de demander le vote des députés sur l’intervention des forces armées à l’étranger lorsque la durée de l’intervention est inférieure à quatre mois, le choix fait par le Premier Ministre britannique et par le Président américain donne désormais l’impression d’une moindre vitalité démocratique française. Saisissant l’occasion offerte, l’opposition enjoint à Hollande de consulter les députés, tandis que les parlementaires socialistes sont divisés sur la marche à suivre.

Affaire Snowden : Espionnage américain du Brésil et du Mexique

Lors d’une interview dimanche, sur la chaîne brésilienne TV Globo, le journaliste britannique Glenn Greenwald, qui, le premier, a diffusé les documents transmis par le lanceur d’alerte Edward Snowden sur la surveillance mise en place par l’Agence de Sécurité Américaine (N.S.A.), a fait de nouvelles annonces : les documents remis par Snowden montrent que les Américains ont espionné les échanges entre les conseillers de la Présidente brésilienne, Dilma Rousseff, ainsi que les sites consultés par la Présidente. “Si ces accusations sont avérées, voilà qui serait inacceptable et pourrait être considéré comme une attaque contre la souveraineté de notre pays”, a déclaré le Ministre brésilien de la Justice en réponse à ces révélations.
Greenwald a également souligné que les emails qu’avait échangés le Président mexicain, Enrique Pena Nieto, avant son élection, avaient été lus par les Américains. De son côté, le journal allemand, Der Spiegel, déclare que des documents de juin 2010 montrent que la N.S.A. s’est intéressée de très près aux échanges des diplomates français et a eu accès au réseau internet privé du Ministère des Affaires étrangères qui relie ambassades et consulats à travers le monde.
Des documents de septembre 2010 montrent que les bureaux des diplomates français à Washington et aux Nations Unies ont aussi fait l’objet d’une surveillance. Début juillet, le Président français, François Hollande, avait menacé de suspendre les négociations sur l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis si ceux-ci ne mettaient pas fin à la surveillance exercée sur l’ambassade française à Washington.

Morsi et les Frères musulmans inculpés pour incitation au meurtre

La perspective d’une résolution politique du conflit qui oppose pro-Morsi et anti-Morsi en Egypte s’éloigne encore davantage : le procureur général égyptien a annoncé l’inculption du Président, évincé du pouvoir le 3 juillet par l’armée, et de 14 autres dirigeants de la confrérie des Frères musulmans pour incitation au meurtre de manifestants. Les Frères musulmans se trouvent encore plus marginalisés par cette annonce. La justice égyptienne accuse Morsi d’avoir encouragé à des affrontements meurtriers en décembre, mais n’a pas donné plus de détails, et il n’existe pas d’éléments relevant du domaine public qui étayent les propos qu’aurait pu tenir Morsi à l’époque. “C’est très symbolique, c’est un mouvement politique de l’Etat contre les Frères musulmans”, juge Khalil al-Anani, chercheur au Middle East Institute à Washington.
Le 5 décembre, au plus sombre de la Présidence de Morsi, les dirigeants des Frères musulmans, inquiets que la sécurité du Président ne soit pas assurée par la police et l’armée lors de manifestations anti-Morsi, ont ordonné à leurs soutiens civils de s’en occuper. Ceux-ci ont alors attaqué un sit-in anti-Morsi. Des affrontements ont ensuite eu lieu dans la nuit. Les organisations de défense des droits humains avaient à l’époque dénoncé les violations perpétrées par les islamistes. Depuis le 3 juillet, l’armée a emprisonné la plupart des dirigeants des Frères musulmans et tué plus de 1000 partisans de Mohamed Morsi.

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