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Vendredi 30 août 2013

Les députés britanniques votent contre une intervention militaire en Syrie

Les députés britanniques ont voté hier soir en majorité (285 contre 272) contre une motion du gouvernement proposant une intervention militaire britannique en Syrie. Le Premier Ministre britannique, David Cameron, qui a pris acte de ce vote de rejet qui “reflète le grand scepticisme des Britanniques”, continue néanmoins à se dire en faveur d’une “réponse ferme” à Bachar el-Assad, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple le 21 août notamment.
Ce vote négatif s’explique en grande partie par le choix fait par le chef du parti travailliste, Ed Miliband, qui souhaite éviter de répéter l’erreur commise en 2003 par Tony Blair sur l’engagement en Irak.

La France prête à une action militaire en Syrie

Malgré le vote britannique, le Président français, François Hollande, a souligné que la France était prête à intervenir militairement : “Le massacre à l’arme chimique à Damas ne peut pas rester impuni.” Alors qu’en 2003, la France avait refusé d’intervenir en Irak aux côtés des Etats-Unis et du Royaume-Uni, François Hollande estime que cette fois, la présence d’armes chimiques est établie – ce qui n’était pas le cas en Irak pour les armes de destruction massive -, et qu’il ne s’agit pas d’intervenir pour favoriser un changement de régime, mais pour envoyer un signal fort contre l’utilisation des armes chimiques.
Pour justifier une intervention sans autorisation des Nations Unies, Hollande a invoqué un protocole de 1925 qui interdit l’emploi des armes chimiques.
Paris tente néanmoins d’éviter de passer outre l’opinion publique française, l’avis des députés et les Nations Unies, en essayant de trouver le consensus le plus large possible. Aucune intervention ne devrait donc avoir lieu avant la fin de l’inspection menée par les enquêteurs des Nations Unies chargés de trouver des preuves de l’utilisation d’armes chimiques à La Ghouta par le régime le 21 août.

Les Etats-Unis prêts à une action militaire en Syrie

Si l’administration Obama ne s’est pas réjoui du vote à la Chambre des Communes britannique hier, elle a réitéré sa volonté d’intervenir militairement dans le pays. La décision du Président américain, Barack Obama, “sera guidée par ce que nous considérons être dans l’intérêt de notre pays”, a déclaré une porte-parole du Conseil National de Sécurité. Obama “considère que des intérêts vitaux sont en jeu pour les Etats-Unis et que des pays qui violent les conventions internationales sur les armes chimiques doivent rendre des comptes”.
Les membres du Congrès américain sont de plus en plus nombreux à demander un vote sur une possible intervention militaire américaine. Or un tel vote pourrait bien être négatif, comme au Royaume-Uni.

RDC : Le M23 annonce l’arrêt des combats

Après plusieurs jours d’affrontements contre les forces congolaises soutenues par celles des Nations Unies, les rebelles du M23, un groupe formé notamment d’anciens soldats de l’armée de la République Démocratique du Congo (R.D.C.), ont annoncé l’arrêt imminent de leurs combats et leur retrait de la ligne de front. Ils maintiennent cependant certaines de leurs positions. Le chef des rebelles, Bertrand Bisimwa, a indiqué que ce retrait ouvrait la voie à une enquête indépendante sur les obus qui se sont abattus au Rwanda, de l’autre côté de la frontière, hier.
Le Rwanda accuse l’armée congolaise d’avoir tiré les obus, ce que celle-ci nie. Pour la R.D.C. et les Nations Unies, le Rwanda soutient les rebelles du M23 et leur fournit une aide logistique. Kigali récuse ces accusations.
De son côté, le gouvernement congolais a accusé les rebelles du M23 d’avoir tiré ces obus pour donner au Rwanda “un prétexte pour intervenir ouvertement dans cette guerre”. Les troupes rwandaises ont envahi leur voisin à deux reprises dans les années 1990.
Bisimwa a aussi indiqué avoir demandé au gouvernement congolais la reprise des pourparlers pour mettre fin aux affrontements dans l’Est du pays. La reprise des pourparlers a été rejetée par le gouvernement : son porte-parole estime que le M23 doit d’abord désarmer, se dissoudre et devenir un parti politique.
Le mouvement du M23 tire son nom d’un accord de paix du 23 mars 2009 qui a mis fin à quatre ans de rebellion dans l’Est du pays. Il a pris les armes l’an dernier, accusant le gouvernement de n’avoir pas respecté ses engagements qui consistaient à réintégrer les anciens soldats dans l’armée congolaise.

Russie-Belarus : La tension monte après l’arrestation d’un PDG russe

La Russie a annoncé qu’elle arrêtait d’importer du porc du Belarus, accroissant les tensions commerciales et diplomatiques à la suite de l’arrestation par Minsk d’un PDG russe. Le russe Vladislav Baumgertner, à la tête d’une entreprise chimique de carbonate de potassium, a été arrêté lundi après avoir été convié à un entretien avec le Premier Ministre belarusse. Il a ensuite été publiquement humilié : la télévision a montré des images de fouilles réalisées sur lui, dans sa cellule de prison.
Depuis les autorités russes ont annoncé une baisse de l’approvisionnement en pétrole du Belarus de 25% en septembre et menacé d’étendre cette mesure sur plusieurs mois. Moscou envisage également d’arrêter l’importation de produits laitiers.
La Russie est l’un de seuls alliés du Belarus, un pays dirigé depuis 19 ans par le dictateur Alexandre Loukachenko, et qui dépend du pétrole et de l’agriculture russes. Le Belarus est aussi l’un des pays par lequel transitent les exportations de pétrole et de gaz russes en Europe.
Les tensions entre les deux pays font suite à l’effondrement d’un cartel russo-belarusse qui contrôlait les 2/5e du marché mondial de carbonate de potassium, un marché d’une valeur de €15mds ($20mds). Le carbonate de potassium est utilisé comme engrais.
La Russie nie que les mesures annoncées cette semaine l’aient été en représailles à l’arrestation de Baumgertner.

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