Nos éditions quotidiennes, dans leur forme actuelle, prendront fin le 31 décembre 2013.

Nous faisons le point sur les 18 derniers mois et le modèle actuel d'Evening Edition. Merci de votre soutien.

Lundi 19 août 2013

Des soldats égyptiens tués dans une embuscade au Sinaï

Des militants islamistes ont tiré des grenades à propulsion sur un bus de conscrits de l’armée égyptienne, revenant de permission sur le plateau du Sinai, près de la frontière avec Israël et la bande de Gaza, et fait 25 morts, a affirmé l’agence d’information étatique égyptienne. Les attaques contre les militants dans le Sinaï se sont multipliées depuis l’éviction du Président Mohamed Morsi, le 3 juillet dernier. Depuis des années, la zone est utilisée pour faire passer des armes et des munitions dans la bande de Gaza.
“Je condamne fermement le meurtre d’innocents soldats égyptiens dans le Sinaï. Je demande l’ouverture d’une enquête approfondie pour capturer et punir les responsables”, a fait savoir dans un communiqué un responsable de la confrérie des Frères Musulmans, Amr Darrag.
L’attaque survient alors qu’hier, 36 Frères Musulmans ont été tués : ils étaient détenus et ont tenté de s’échapper d’un convoi qui les conduisait à la prison d’Abu Zabaal, au Nord du Caire. Selon les forces de sécurité égyptienne, des hommes armées ont attaqué le convoi, qui transportait environ 600 prisonniers arrêtés durant les affrontements qui ont eu lieu depuis le 14 août et opposé Frères Musulmans et opposants au retour de Morsi au pouvoir. L’Alliance Anti-coup d’Etat, une coalition d’islamistes menée par les Frères Musulmans, a qualifié la mort des 36 prisonniers d’”assassinat”. L’O.N.G. Amnesty International a déclaré hier : “Même si la violence a été employée par certaines des manifestants pro-Morsi, cela ne justifie en rien une réponse si disproportionnée. Cela ne devrait pas non plus être utilisé comme prétexte pour massacrer tous les partisans des Frères Musulmans.”
Les autorités judiciaires égyptiennes ont, elles, annoncé que l’ancien Président, Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en février 2011, pourrait être libéré cette semaine.

Le partenaire de Glenn Greenwald détenu pendant 9 heures à Heathrow

Hier, le partenaire du journaliste du Guardian, Glenn Greenwald, qui a publié une série d’enquêtes sur le scandale de l’Agence de Sécurité Américaine (N.S.A.), a été détenu pendant neuf heures à l’aéroport d’Heathrow, au Royaume-Uni. Il rentrait de Berlin, où il avait rencontré la documentariste Laura Poitras, qui travaille sur les questions de surveillance électronique, à Rio de Janeiro, où il réside avec David. “Je suis resté dans une pièce. Il y avait six agents qui allaient et venaient. Ils m’ont posé des questions sur ma vie entière, sur tout. Ils ont pris mon ordinateur portable, mes jeux vidéo, mon téléphone portable, ma carte mémoire. Tout“, a raconté David Miranda qui dénonce une atteinte à la liberté de la presse. L’organisme de veille sur la législation anti-terroriste a demandé au Ministère de l’Intérieur de justifier cette détention qu’il a qualifiée d’”inhabituelle”.
Miranda a été questionné en vertu de l’avenant 7 de la loi anti-terroriste britannique de 2000, qui s’applique dans les aéroports, ports et zones frontalières, et qui autorise les officiers à arrêter et questionner les individus. Neuf heures est la durée limite d’interrogation.

Lancement d’Al Jazeera America

Ce pourrait être l’équivalent du lancement de CNN en 1980, de Bloomberg News en 1990 ou de Politico en 2007. La chaîne d’information détenue par le gouvernement qatari, Al Jazeera, arrive aujourd’hui sur la télévision câblée américaine. Al Jazeera, qui a racheté Current TV en janvier pour €374 ($500m), se veut une chaîne d’information qui propose une couverture de l’actualité en profondeur, une sorte de PBS mais pour l’information en continu. “Il y aura moins d’opinion, moins d’exclamations et moins de célébrités”, a commenté son directeur exécutif, Ehab Al Shihabi.
Depuis le 11 Septembre, et la diffusion par la chaîne de messages d’Oussama Ben Laden, Al Jazeera a souffert d’une mauvaise image auprès d’une partie de la population américaine. Ses compétiteurs – NBC et CNN – ont fait mine de saluer son arrivée d’un haussement d’épaules. Mais avec une équipe de 900 employés, dont 400 dans la newsroom, la chaîne souhaite se donner les moyens de conquérir son public, en couvrant des sujets délaissés par ses concurrents : “C’est une proposition de sujets que je n’aurais même pas faite dans mon ancienne rédaction”, a ainsi déclaré au New York Times une journaliste partie couvrir un sujet dans une réserve indienne du Dakota du Sud. Le présentateur Antonio Mora, qui animera une émission à 22 heures, a, lui, souligné la moindre pression des annonceurs qu’il a pu sentir jusqu’à présent, ajoutant : “Il y a ici le sens de l’information comme bien public”. Reste à voir si Al Jazeera America trouvera son public et réussira à dépasser l’audience de la chaîne qu’elle a rachetée – 24 000 téléspectateurs aux heures de pointe – pour atteindre les audiences de ses concurrents – 1,3 millions pour Fox News.

Chine : Démission d’une médecin légiste haut placée

Elle avait contesté les preuves apportées dans l’assassinat du Britannique Neil Heywood par Gu Xilai, la femme de l’homme politique Bo Xilai qui sera jugé pour corruption à partir de jeudi : Wang Xuemei a démissionné de son poste de Vice-Présidente de l’Association Chinoise de Médecine Légiste. Sa démission n’a rien à voir avec l’affaire Bo Xilai : elle intervient dans le cadre de la mort d’un étudiant apparemment électrocuté. Mais elle remet sur le devant de la scène les doutes qu’elle avait exprimés lors du procès de Gu Xilai.
Il y a peu de chances que Heywood soit mort par empoisonnement au cyanure, avait-elle déclaré l’an dernier. Les témoignages faits devant le tribunal ne correspondent pas à ce scénario. Elle avait cependant précisé que Gu avait de bonnes raisons de tuer Heywood, mais qu’elle avait sans doute utilisé un autre poison.
Gu Xilai a été condamnée en août dernier à la peine capitale avec sursis, ce qui signifie qu’elle risque de servir une très longue peine de prison, pour le meurtre de Neil Heywood, survenu en novembre 2011. Bo Xilai a dû démissionner du Parti Communiste Chinois à la suite de ce meurtre ; il a été accusé de corruption et d’avoir usé de sa position officielle pour détourner de l’argent public.

Share on Twitter    Share on Facebook