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Vendredi 16 août 2013

Manifestations pour le “vendredi de la colère” en Egypte

Il y a deux jours, la police égyptienne délogeait les pro-Morsi des deux campements qu’ils occupaient au Caire, faisait 638 morts et 4201 blessés, en faisant le jour le plus meurtrier depuis le renversement d’Hosni Moubarak en janvier 2011. Aujourd’hui, les Frères Musulmans appellent à des manifestations pour dénoncer ces violences. Les manifestants convergent vers la place Ramsès. A la mi-journée, des premières violences ont été signalées. A Ismaïlia et Damiette, 12 manifestants ont été tués par la police. Au Caire, un policier a été tué dans une embuscade.
Hier, le gouvernement a autorisé les forces de sécurité à utiliser des balles réelles contre les opposants, laissant présager d’autres violences. Pour Shadi Hamid, du Brookings Doha Center, au Qatar, ce communiqué du gouvernement hier est le signe que les autorités égyptiennes actuelles n’ont cure de restaurer l’expérience démocratique qu’a brièvement connue le pays ces derniers mois. Le Ministre de l’Intérieur a déclaré que l’ordre d’utiliser des balles réelles avait été émis après qu’un bâtiment officiel eut été pris pour cible, à Giza, dans la banlieue du Caire.
Le Président américain, Barack Obama, a annulé un exercice militaire conjoint qui devait avoir lieu le mois prochain, mais n’a pas suspendu l’aide de €976m ($1,3mds) versée chaque année par les Etats-Unis à l’Egypte. Réuni en urgence hier soir, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a demandé la fin des violences en Egypte et exprimé sa sympathie “aux victimes”, sans aller jusqu’à blamer le gouvernement pour le massacre de jeudi.

L’Equateur autorise l’exploitation pétroilère dans le parc national de Yasuni

“J’ai signé le décret exécutif pour la liquidation du fonds I.T.T. (Ishpingo-Tambococha-Tiputini) Yasuni et ainsi, mettre fin à cette inititative”, a déclaré le Président équatorien, Rafael Correa. Il a accusé les pays riches de n’avoir pas soutenu le projet, ne lui laissant pas d’autre choix que d’autoriser l’exploitation pétrolière, principale source de revenu d’exportation du pays. “Nous ne faisions pas l’aumône auprès de la communauté internationale, a précisé Correa, nous voulions une co-responsabilité face au changement climatique.” Le but du projet, soutenu par les Nations Unies, était de lever €2,7mds ($3,6mds), soit 50% de la valeur des réserves de pétrole se trouvant dans le parc Ishpingo-Tambococha-Tiputini, sur une durée de 13 ans. Mais jusqu’à présent, seule une faible fraction €9,8m ($13m) de ce montant a été récoltée, a précisé Correa, qui a également souligné que l’exploitation pétrolière ne concernerait qu’1% du parc.
Le parc de Yasuni est l’une des zones de la planète qui contient la plus grande biodiversité. Il abrite aussi des populations locales. Le projet porté par le fonds Yasuni devait permettre d’éviter l’émission de 400 millions de tonnes de dioxide de carbone dans l’atmosphère. Selon le fonds, 78% des Equatoriens s’opposent à l’exploitation pétrolière dans la zone. Des centaines de manifestants se sont rassemblés à Quito pour protester contre la décision annoncée par Correa.

NSA : Un audit interne confirme les infractions à la vie privée

Le document a été transmis par l’ancien consultant de l’agence de renseignement américain, Edward Snowden, au Washington Post : il s’agit d’un audit interne datant de mai 2012, qui dénombre 2776 incidents concernant “les collectes, stockages, accès et communication de données protégées légalement, sans autorisation” au cours des 12 mois précédents. Le document confirme que l’Agence Nationale de Sécurité (N.S.A.) a enfreint à de nombreuses reprises les lois sur le respect de la vie privée depuis l’élargissement de ses missions par le Congrès en 2008. La plupart du temps, les erreurs, techniques ou humaines, sont non-intentionnelles.
Mais un autre document transmis par Snowden au Post révèle que la N.S.A. a à plusieurs reprises falsifié les rapports remis au Département de la Justice et au Bureau du chef du renseignement national, en supprimant des détails et en utilisant un langage plus général. “Nous sommes une agence dirigée par des êtres humains et évoluant dans un environnement complexe, avec un grand nombre de méthodes de régulation différentes. C’est pourquoi nous nous retrouvons parfois du mauvais côté de la barrière”, a expliqué sous couvert d’anonymat un haut responsable de la N.S.A. au Washington Post. Un cas de surveillance non intentionnelle a ainsi été dissimulé : à la suite d’une erreur de code, plusieurs milliers d’Américains de Washington (code téléphonique 202) se sont retrouvés sous surveillance, à la place de citoyens égyptiens (code téléphonique 20).

L’attentat au Liban revendiqué par un groupe sunnite

Une violente explosion a fait au moins 22 morts hier, dans un bastion de groupe chiite Hezbollah, au Sud de Beyrouth, dans les quartiers de Bir Abed et Roueiss. Les sites où l’attentat à la voiture piégée a eu lieu sont proches du complexe de Sayyed al-Shuhada où le Hezbollah a pour habitude d’organiser de grands rassemblements.
Pour la plupart des observateurs, cette explosion s’explique par l’implication du Hezbollah dans la guerre civile syrienne. Début juin, les militants du Hezbollah ont joué un rôle-clé dans la bataille de Qusair, où les forces du Président syrien, Bachar el-Assad, ont eu l’avantage.
Les politiciens libanais liés au Hezbollah ont qualifié l’explosion d’”attentat terroriste”. Il a été revendiqué par un groupe sunnite appelé les bataillons d’Ayesha qui a menacé de mener d’autres attaques et qualifié les bastions du Hezbollah au Liban de “colonies de l’Iran”.

Arabie Saoudite : Le métro offrira plus de liberté de mouvement aux femmes

L’Arabie Saoudite a prévu la construction d’un métro, à échéance 2019 dans sa capitale, Riyad, pour un coût de €16,5m ($22m). Le projet est porteur de changements sociaux : enfants et femmes auront leur propre compartiment. La liberté de mouvement des femmes augmentera donc. Actuellement, les Saoudiennes n’ont pas le droit de se déplacer dans les lieux mixtes sans être escortées par un homme. Les femmes n’ont toujours pas le droit de conduire une voiture : il y a deux ans, une Saoudienne ayant enfreint ce décret religieux avait été condamnée à dix coups de fouets après avoir posté une vidéo sur YouTube la montrant au volant d’un véhicule. Cette année, les Saoudiennes ont été autorisées à rouler à bicyclette, mais toujours vêtues du voile intégral, accompagnée d’un parent homme, et seulement à des fins de loisir, et non pour se déplacer en ville.

 

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