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Mercredi 14 août 2013

Bain de sang lors du nettoyage des camps des pro-Morsi

Usant de bulldozers, les forces de sécurité égyptiennes ont nettoyé les deux sits-in organisés par les partisans de l’ancien chef de l’Etat depuis le 3 juillet – date de l’éviction du Président Mohamed Morsi par l’armée. Au Caire, les sites de la place Nahda et de la mosquée Rabaa al-Adawiya ont été détruits. Le nombre de morts est pour l’instant impossible à vérifier : des témoins font état de 40 morts, sur le site internet, Ikhwanonline, les Frères Musulmans ont annoncé 800 morts, le Ministre de la Santé parle de 56 morts, le Ministre de l’Intérieur, lui, a rejeté l’idée que les forces de sécurité ait tué une seule personne. Un porte-parole du gouvernement, s’exprimant à la télévision, a salué l’intervention des forces de sécurité, les félicitant pour leur “sens de la mesure”, et mentionnant “un petit nombre” de blessés seulement. Ailleurs en Egypte, des violences sont aussi reportées.
Sur la scène internationale, l’usage de la force par les autorités égyptiennes a été largement condamné : “Nous répétons que la violence ne mènera à aucune solution et demandons instamment aux autorités égyptiennes d’agir avec la plus grande retenue”, a fait savoir le bureau de la cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Le Premier Minsitre turc, Recep Tayyip Erdogan, lui-même accusé d’avoir utilisé la force pour mettre fin aux manifestations dans le parc de Gezi, a qualifié l’opération de massacre, et accusé les autres pays d’ouvrir la voie aux bains de sang par leur silence. Il a enjoint aux Nations Unies et à la Ligue arabe d’agir immédiatement.
Les autorités égyptiennes ont décrété l’état d’urgence pendant un mois et ordonné à l’armée d’aider le Ministre de l’Intérieur à imposer la sécurité.
Depuis l’éviction de Morsi, plus de 250 personnes ont été tuées lors d’affrontements avec les forces de sécurité.

Accord des deux Corées sur la réouverture de Kaesong

Corée du Nord et Corée du Sud sont parvenues à un accord en cinq points pour réouvrir le site de Kaesong : le complexe industriel, qui se trouve en Corée du Nord, tout près de la frontière, est le dernier projet inter-coréen encore en activité. Il abrite 123 usines de Corée du Sud et emploie près de 50 000 Nord-Coréens. C’est une source de revenus importante pour Pyongyang. Il avait été fermé en avril par Pyongyang, après l’annonce par les Nations Unies de l’extension de sanctions pour dénoncer le test nucléaire réalisé par la Corée du Nord le 12 février.
Les détails de l’accord ne sont pas encore connus. Une commission conjointe doit aussi être mise en place pour évaluer les compensations des pertes économiques générées. L’accord prévoit aussi en principe toute suspension ultérieure des activités à Kaesong. On ignore encore quand les activités vont reprendre à Kaesong.

Tchad : Suspension des activités d’une entreprise chinoise à l’origine de dommages environnementaux

Une situation “intolérable” : c’est ainsi que le Ministre tchadien du Pétrole a décrit la présence au Tchad de l’entreprise d’Etat chinoise, la China National Petroleum Corporation (C.N.P.C.) accusée de détruire les arbres. L’entreprise a obtenu en 2009 le droit d’explorer le sous-sol tchadien à la recherche de pétrole. S’exprimant à propos du site de Koudalwa, à 200 km au Sud de la capitale, N’Djamena, le Ministre du Pétrole a expliqué que l’entreprise chinoise avait creusé des tranchées et laissé le pétrole y couler ; des travailleurs locaux avaient dû ensuite l’en retirer, sans équipement de protection. “On n’agit pas ainsi dans le secteur du pétrole”, a déclaré le Ministre. Le Tchad est devenu un pays producteur de pétrole en 2003, une fois achevé un oléoduc de €3mds ($4mds) permettant d’acheminer sa production aux terminaux de la côte Atlantique. Le Tchad a annoncé la suspension de toutes les opérations d’exploration de la C.N.P.C. sine die, pour cause de dommages environnementaux.

Russie : Raid de la police dans un appartement de la campagne de Navalny

La police moscovite a organisé un raid dans un appartement moscovite considéré comme base de campagne pour le bloggueur opposant politique, Alexei Navalny. Celui-ci se présente aux élections municipales à Moscou, le mois prochain. Les forces de sécurité ont saisi du matériel de campagne (flyers, affiches) considéré comme illégal. En vertu de la loi russe, les candidats aux élections doivent déclarer tout le matériel de campagne financé. Selon la Commission électorale de Moscou, le matériel trouvé dans l’appartement est plus conséquent que ce que Navalny a déclaré.
L’équipe de campagne de Navalny a indiqué que l’appartement n’était qu’un appartement privé, utilisé par des activistes qui soutiennent Navalny. L’indication sur l’appartement est venue d’un opposant de gauche, Nikolai Levichev, candidat pour le parti Une Russie Juste. Si l’on en croit les sondages, ni Levichev, ni Navalny ne sont en mesure de l’emporter contre le candidat pro-Poutine, l’actuel maire Sergei Sobyanin

Namibie : Un tiers de la population risque la malnutrition

C’est la sécheresse la pire qu’ait connue la Namibie depuis 30 ans : dans la région de Kunene, au Nord, il n’a pas plu depuis deux ans ; les familles ont été obligées de vendre le bétail et d’aller s’installer en ville pour trouver du travail. Dans certaines zones, la récolte risque de diminuer de 50% en raison du manque de pluie. En mai, le Président Hifikepunye Pohamba avait déclaré l’état d’urgence en disant : “Il est maintenant prouvé que le changement climatique va durer, et l’humanité doit trouver les moyens d’en atténuer les effets”.
Les Nations Unies viennent de publier une étude mettant en garde contre les risques de malnutrition, qui menacent un tiers de la population, soit 778 000 Namibiens, dont 109 000 enfants âgés de moins de cinq ans. Le Fonds des Nations Unies pour la Protection de l’Enfance (U.N.I.C.E.F.) a lancé un appel à €5,6m ($7,4m) pour aider les femmes et les enfants souffrant de malnutrition.
La Namibie est devenue indépendante de l’Afrique du Sud en 1990. Elle est considérée comme un pays de revenu moyen, bien qu’un quart de sa population de deux millions d’habitants vive en-dessous du seuil de pauvreté. Un tiers de Namibiens dépend d’une agriculture de subsistance pour vivre.

Evening Edition FR ne sera pas publié demain (15 août). La publication reprendra vendredi.

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