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Vendredi 2 août 2013

Kerry : L’armée égyptienne a “restauré la démocratie”

Dans une prise de position inattendue, le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a cautionné l’éviction du Président égyptien, Mohamed Morsi, chassé du pouvoir le 3 juillet par l’armée à la suite de nombreuses manifestations. Les Etats-Unis avaient jusqu’à présent refusé de se prononcer sur le départ forcé de Morsi et s’étaient abstenus de qualifier de “coup d’Etat” le geste de l’armée égyptienne. Cette qualification aurait contraint Washington à suspendre l’aide annuelle de €1,13mds ($1,5mds) qu’elle verse au Caire, ce qui risquait d’accroître encore l’instabilité dans le pays.
“L’armée est intervenue à la demande de millions de personnes”, a commenté Kerry depuis le Pakistan – un pays qui a vu quatre coups d’Etat militaires depuis les années 1950. “L’armée n’a pas fait de coup d’Etat, selon notre compréhension des événements – pour l’instant”, a-t-il ajouté. Ces propos vont dans le sens de ceux tenus par le chef de l’armée égyptienne, le Général Abdul-Fattah el-Sisi, qui a dit répondre à une demande populaire en chassant Morsi du pouvoir.
Mais Kerry a aussi mis en garde contre les massacres, soulignant que Washington était “très très préoccupé” par la mort de douzaines de partisans de Morsi au cours d’affrontements avec les forces de sécurité, mort jugée “totalement inacceptable”.
Les pro-Morsi continuent leurs sit-ins de protestation en dépit des avertissements lancés par l’armée : ils campent sur une place près de la mosquée de Rabaa al-Adawiya, au Nord-Est du Caire, où les derniers affrontements ont fait près de 70 morts samedi, et sur la place Nahda, près du campus principal de l’Université du Caire.

Tunisie : Opération armée contre des militants islamistes à la frontière avec l’Algérie

Depuis hier soir, l’armée tunisienne a lancé une opération d’envergure contre des militants islamistes réfugiés près du mont Chaambi, à la frontière avec l’Algérie, près de Kasserine à 280 km au Sud-Ouest de Tunis. Lundi, des combattants soupçonnés d’être liés à Al-Qaïda ont tué huit soldats des troupes d’élite tunisiennes dans une embuche. Ils ont été retrouvés, égorgés, près du mont Chaambi. L’opération comprend le déploiement de troupes au sol et d’unités aériennes. Selon une source officielle tunisienne cité par Reuters, les forces tunisiennes ont réussi à encercler les militants, au nombre d’une quinzaine. En tout, Tunis poursuit une soixantaine de militants islamistes directement liés à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi). Le groupe est composé d’Algériens mais aussi de Tunisiens, vétérans de la guerre au Nord Mali et qui mettent en échec le gouvernement tunisien depuis dix mois maintenant.
De son côté, l’Algérie a accru sa présence militaire près de la frontière, en coordination avec les forces de sécurité tunisiennes.
En Tunisie, les manifestations de contestation du gouvernement islamiste modéré se sont multipliées depuis l’assassinat de l’opposant politique, Mohamed Brahmi, le 25 juillet. Il s’agit du deuxième assassinat d’un opposant politique depuis le début de l’année, après celui de Chokri Belaïd le 6 février. L’opposition et les partisans du gouvernement ont appelé à des manifestations ce week-end.

Johnson & Johnson mis à l’amende par les autorités chinoises pour non respect de la concurrence

Le géant pharmaceutique américain, Johnson & Johnson, doit payer €64 000 ($85 000) d’amende à une distributeur chinois local pour avoir violé les lois contre les monopoles. Ainsi en a décidé un tribunal de Shanghai, en appel. Deux filiales de l’entreprise ont été jugées coupables d’entente sur les prix d’un médicament chirurgical. Le tribunal a renversé la décision de première instance qui avait jugé les deux filiales non coupables. Le distributeur chinois, Rainbow Medical, qui avait demandé €1,6m ($2,2m) de compensation, a estimé que le montant alloué était insuffisant.
Les multinationales font l’objet d’un contrôle de plus en plus sévère de la part des autorités chinoises, sensibles à l’augmentation du coût de la vie. Dans leur décision, les juges font référence à la protection des consommateurs et à l’intérêt public. Selon certains analystes, c’est aussi une façon pour le gouvernement de repositionner favorablement les entreprises nationales. Le mois dernier, deux fournisseurs de produits laitiers étrangers ont baissé leurs prix après l’annonce par les autorités chinoises d’une enquête sur une éventuelle entente.

Rouhani : Israël, “une blessure” qu’il faut nettoyer

A deux jours de son inauguration, le futur Président iranien, Hassan Rouhani, élu le 14 juin, a montré qu’il comptait s’inscrire dans la continuité de son prédecesseur, Ahmadinejad, vis-à-vis d’Israël : “Le régime sioniste est une blessure qui se trouve depuis des années sur le corps du monde musulmans, et qui doit être nettoyée.” Il a également exprimé des doutes sur les négociations israélo-palestiniennes qui ont repris cette semaine, sous l’impulsion de Washington.
Le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a commenté ces propos en déclarant : “Le vrai visage de Rouhani s’est montré plus tôt que prévu.”

Une entreprise minière condamnée pour profanation d’un site sacré

C’est une première en Australie : l’entreprise minière OM Manganese a été jugée coupable d’avoir profané le site des Deux Femmes Assises, à Bootu Creek, dans le Nord. Le site est sacré pour les Kunapa. L’entreprise est accusée d’avoir causé l’effondrement d’une partie du site – dont la Tête de Cheval – en juillet 2011. Les procureurs ont indiqué que l’entreprise avait procédé à des explosions qui avaient endommagé le site. OM Manganese avait reçu une autorisation d’exploitation minière, mais devait préserver les sites sacrés. Début 2011, elle avait été prévenue de l’apparition de fissures sur le site de Bootu Creek.
Le Président d’OM Holdings, qui détient OM Maganese, Peter Toth, a déclaré : “L’entreprise n’a jamais eu l’intention de porter atteinte, endommager ou faire preuve d’irrespect pour ce site sacré.” De son côté, la communauté Kunapa a exprimé son désarroi : “Ce site restera toujours sacré à nos yeux, mais il a été détruit, et nous ne savons pas quoi faire, car ce n’est jamais arrivé auparavant pour nos anciens”, a souligné la représentante, Gina Smith.
Dans le même temps, au Chili, le procureur a estimé que les preuves étaient insuffisantes pour poursuivre les propriétaires ou les régulateurs dans l’accident de la mine qui avait retenu prisonniers sous terre 33 mineurs, en 2010. “C’est une honte pour le système judiciaire chilien”, ont jugé des survivants.

 

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