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Jeudi 1 août 2013

Le gouvernement turc durcit le ton face aux manifestants

Depuis les manifestations de juin contre l’aménagement du parc de Gezi et la politique du Premier Ministre, Recep Tayyip Erdogan, les mobilisations se sont poursuivies, mais à un niveau moindre. Hier soir, la police est à nouveau intervenue avec des gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser les manifestants d’un rassemblement où devaient intervenir les parents d’un garçon de 14 ans qui se trouve dans le coma après avoir été frappé par la police. Le gouvernement turc, de son côté, a durci le ton. Le Vice-Président du parti AK au pouvoir, Mehmet Ali Sahin, a estimé que les manifestants devaient être jugés à l’aune d’un article du code pénal turc qui prévoit la peine capitale.
“Durant les manifestations, on pensait que les événements pouvaient prendre deux directions : le gouvernement apprenait de ses erreurs, ou il y avait davantage de répression contre les voix dissidentes. Malheureusement, c’est la deuxième voie qui a été empruntée”, a commenté un chercheur de l’ONG Amnesty International.

Reprise des négociations de haut niveau sur les questions de sécurité entre le Pakistan et les Etats-Unis

Depuis la mort d’Oussama Ben Laden en mai 2011, c’est la première fois qu’un Secrétaire d’Etat américain retourne en visite officielle au Pakistan. L’actuel Secrétaire d’Etat, John Kerry, a rencontré plusieurs personnalités politiques de haut niveau, dont le Premier Ministre, Nawaz Sharif, et indiqué que les deux parties étaient disposées à renouer le dialogue et passer outre les tensions diplomatiques de ces dernières années. En novembre 2011, les négociations sur la sécurité avaient cessé après la mort de 24 soldats pakistanais sous les tirs américains, alors qu’ils se trouvaient à un poste à la frontière avec l’Afghanistan. La mort de Ben Laden, tué par les Américains sur le territoire pakistanais, et les multiples attaques de drones – 3460 personnes ont été tuées par les drones de la Central Intelligence Agency (C.I.A.) depuis 2004 – ont aussi contribué aux mauvaises relations entre les deux pays.
Les discussions à huis clos se sont concentrées sur les questions économiques, les insuffisances énergétiques pakistanaises et les questions de sécurité, à l’approche du retrait des troupes de l’O.T.A.N. (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) l’année prochaine. Kerry a souligné que les Américains se retiraient graduellement d’Afghanistan, et non soudainement. Kerry a aussi tenté d’apaiser le Pakistan sur l’utilisation des drones. Sharif a demandé la fin de ces frappes aériennes. Le Président américain, Barack Obama, a de son côté défendu la légitimité des drones tout en appelant à une plus grande transparence et un plus grand contrôle de leur utilisation. Gouvernement et armée pakistanaise sont souvent accusés de critiquer les drones en public, mais de coopérer en réalité.

Scandale Barcenas : Rajoy devant le Parlement

J’ai eu tort. J’en suis désolé, mais c’est ainsi. J’ai eu tort de faire confiance à quelqu’un dont nous savons maintenant qu’il ne le méritait pas.” C’est par ces mots que le Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, dont le parti de centre-droit, le Parti Populaire, domine au Parlement, a commencé son audition devant les représentants du peuple espagnol à propos du scandale de corruption qui secoue la vie politique du pays depuis janvier. Luis Barcenas, l’ancien trésorier du parti, qui a quitté son poste en 2009 tout en continuant à recevoir de l’argent, est en prison dans l’attente de son procès ; il est accusé de chantage et de fraude fiscale pour avoir caché €48m sur des comptes en banque en Suisse.
C’est la première fois que Rajoy admet avoir fait une erreur dans cette affaire. Il a reconnu que le scandale avait terni l’image de l’Espagne, mais a rejeté toute idée que lui-même ou son parti aient reçu de l’argent. Il a réaffirmé sa volonté de rester au gouvernement, alors que l’opposition demande sa démission. Rajoy a aussi été critiqué pour être resté jusqu’à récemment en contact avec Barcenas.
Les investisseurs n’ont pas réagi particulièrement à cette audition car ils s’attendent à ce que Rajoy reste à son poste : son parti détient une large majorité au Parlement.

Moscou met en place un camp pour migrants illégaux

Depuis lundi, la police moscovite a arrêté près de 1000 migrants présents illégalement sur le territoire russe au cours de raids massifs. Le camp, construit au Nord-Est de Moscou, doit pouvoir abriter 1400 personnes, dont des femmes enceintes. Les migrants arrêtés sont souvent Vietnamiens, mais aussi Syriens et Irakiens, ou venus d’anciens pays du bloc soviétique. Samedi, la police est ainsi intervenue au marché de Matveyevsky pour mettre fin à une rixe, et arrêter un homme soupçonné de vouloir violer une fille de 15 ans. Un policier a été blessé à la tête, mais la vidéo de la scène a jeté dans l’embarras les forces de police : six officiers ont été renvoyés et une enquête a été ouverte contre deux d’entre eux.

Asile temporaire en Russie pour Edward Snowden

Le lanceur d’alerte américain, Edward Snowden, réfugié depuis le 23 juin à l’aéroport de Moscou où il s’était rendu depuis Hong Kong à la suite des révélations sur les données auxquelles l’Agence Nationale de Sécurité américaine (N.S.A.) a accès, a obtenu de Moscou des papiers pour séjourner un an en Russie avec le statut de réfugié. La nouvelle a été annoncée sur twitter par l’organisation de Julian Assange, Wikileaks, qui l’aide depuis ses révélations. Sarah Harrison, membre de l’équipe juridique de Wikileaks, est auprès de Snowden.
L’Attorney General américain (Ministre de la Justice), Eric Holder, avait donné à Moscou l’assurance que Snowden ne serait pas condamné à la chaise électrique en cas d’extradition, mais la Russie a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’extrader Snowden. L’octroi de l’asile à Snowden risque de tendre encore davantage les relations entre Moscou et Washington.

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