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Vendredi 12 juillet 2013

Première loi autorisant l’avortement en Irlande

C’est une première en Irlande : les parlementaires ont adopté un projet de loi qui permet l’avortement dans des cas exceptionnels, lorsque la vie de la mère est en danger. La loi a été adoptée largement, par 127 votes contre 31, mais après de longs débats, commencés mercredi matin à cinq heures, et terminés à minuit jeudi soir.

Cette victoire était attendue, étant donné la majorité dont bénéficie l’actuel Premier Ministre, Enda Kenny. Mais l’adoption de la loi a néanmoins fait des dommages dans son gouvernement de coalition. Les conservateurs catholiques ont promis de le chasser du pouvoir pour n’avoir pas respecté sa promesse de campagne de 2011 de ne pas légiférer sur l’avortement. Kenny a, de son côté, exclu 74 parlementaires du groupe Fine Gael – son parti politique – pour avoir voté contre le projet de loi. Ces parlementaires n’auront pas le droit de se présenter aux prochaines législatives sous cette étiquette.

Le projet de loi a été élaboré en réponse à la mort tragique, à l’automne dernier, de Savita Halappanavar, une jeune femme morte par septicémie (infection du sang) pour s’être vue refuser le droit d’avorter. Bien qu’une décision de 1992 de la Cour Suprême autorise l’avortement, aucune législation n’avait jusque là été adoptée. L’absence de législation a jusqu’à présent favorisé les avortements artisanaux, souvent très risqués pour les femmes, et le tourisme abortif : l’an dernier, 4000 Irlandaises se sont ainsi rendues en Angleterre, où l’avortement est autorisé depuis 1967.

Journée test pour l’Egypte

C’est le premier vendredi depuis le début du Ramadan, mercredi, et il a valeur de test pour les autorités du pays et l’armée, qui a chassé du pouvoir Mohammed Morsi, élu le 30 juin 2012. Les partisans de cet homme politique appartenant à la confrérie des Frères Musulmans ont appelé à un rassemblement devant l’Université du Caire et la mosquée de Rabah. De leur côté, les anti-Morsi se retrouvent sur la place Tahrir, symbole de la révolution.

Le grand enjeu de cette journée est la sécurité : depuis l’éviction de Morsi, mercredi dernier, près de 90 personnes sont mortes, 35 dans des affrontements pro- et anti-Morsi la semaine dernière, et 55 partisans des islamistes lundi, alors qu’ils étaient rassemblés devant le bâtiment des Gardes Présidentiels où Morsi serait toujours détenu.

Syrie : Une guerre civile dans la guerre civile – ASL vs islamistes

Il y a un an, la défaite du Président syrien, Bachar el-Assad semblait proche, et les rebelles, soutenus par les pays occidentaux, sur le point de l’emporter. Aujourd’hui, Assad est ouvertement soutenu par la Russie et l’Iran, et le fossé se creuse, parmi les opposants à Bachar el-Assad, entre islamistes, moins nombreux mais plus efficaces, qui contrôlent la plupart des zones rebelles au Nord du pays, et membres de l’Armée Syrienne Libre (A.S.L.), une large coalition qui rassemble des personnalités aux sensibilités diverses.

Hier, des combattants de l’Etat islamique d’Irak et du Levant ont assassiné l’un des leaders de l’A.S.L., Kamal Hamami, plus connu sous son nom de guerre d’Abu Bassir al-Ladkani. Cet assassinat rend la perspective d’une Syrie post-Assad telle que la rêvent les Occidentaux de plus en plus improbable. Les militants islamistes, liés à Al-Qaida, ont dit à l’A.S.L. qu’il n’y avait “pas de place” pour eux, dans la province de Latakia, une région rurale au Nord du pays, où Hamami a été tué.

Pressés de recevoir des livraisons d’armes de leurs soutiens occidentaux, la direction de l’A.S.L. a réitéré son engagement à ce que les armes livrées ne tombent pas aux mains des islamistes. C’est pourtant cette crainte qui retient, depuis plusieurs mois, les pays occidentaux de procéder aux livraisons.

Le gouvernement britannique refuse l’enquête publique dans la mort de Litvinenko

Il avait été empoisonné au polonium – une substance radioactive – en 2006 et les circonstances exactes de sa mort n’ont toujours pas élucidées. Le russe Alexander Litvinenko, dont sa famille pense qu’il travaillait à l’époque pour les services secrets britanniques du MI6 et qu’il a été assassiné sur ordre du Kremlin, continue de faire parler de lui.

Le coroner Sir Robert Owen avait demandé une enquête publique (inquiry), à la place d’une investigation (inquest), afin de préserver les impératifs de sécurité nationale mis en avant par la Russie. A la différence de l’investigation, l’enquête devait permettre que les éléments de preuve soient présentés à huis clos. Mais la Cour Royale de Justice a rejeté cette demande. “Le gouvernement montre ainsi tout le mépris qu’il a pour Madame Litvinenko et son fils”, a jugé l’un de leurs avocats, Ben Emmerson.

L’enquête sur la mort de Litvinenko a déjà été retardée à maintes reprises par les Russes et par les Britanniques. Au terme d’une telle enquête, les premiers risquent en effet d’apparaître comme les commanditaires du meurtre, les seconds comme n’ayant pas assuré une protection suffisamment grande à leur espion.

Emeute mortelle et évasion dans une prison d’Indonésie

Au moins cinq personnes – dont deux prisonniers et deux membres du personnel pénitentiaire – sont mortes dans une émeute qui a permis l’évasion d’environ 200 prisonniers, dans la prison de Tanjung Gusta, sur l’île de Sumatra, en Indonésie. Les émeutes ont commencé après une coupure de courant qui a privé les détenus d’eau et d’électricité, une situation apparemment fréquente. La police indonésienne affirme que près de 55 prisonniers ont été repris.

L’Indonésie connaît une surpopulation carcérale : selon une ONG britannique, les prisons indonésiennes étaient à 150% de leur capacité en 2012. La prison de Tanjung Gusta compte 2600 détenus, pour une capacité de 1000 selon la BBC, 2400 détenus pour 400 places selon Al Jazeera. L’an dernier, la plus grande prison de l’archipel, sur l’île de Bali, avait connu plusieurs jours d’émeutes avant que les autorités n’en reprennent le contrôle.

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