Nos éditions quotidiennes, dans leur forme actuelle, prendront fin le 31 décembre 2013.

Nous faisons le point sur les 18 derniers mois et le modèle actuel d'Evening Edition. Merci de votre soutien.

Jeudi 11 juillet 2013

Egypte : La pénurie de blé menace

Avec ses 84 millions d’habitants, l’Egypte est le plus gros importateur de blé du monde arabe : le pays en importe 10 millions de tonnes par an, en plus de sa production nationale. Or, selon l’agence de presse Reuters et un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (F.A.O.), les stocks sont faibles : il reste 500 000 tonnes de blé importé et 3 millions de tonnes de blé domestique. Les soulèvements politiques et la diminution des réserves de change rendent plus difficile l’approvisionnement. L’Egypte a arrêté d’acheter du blé sur le marché en février.

Depuis le renversement de l’ancien Président, Mohammed Morsi, la semaine dernière, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont promis €9,2m ($12m) en liquide, essence et prêts, ce qui laisse quelques mois à l’Egypte pour rétablir ses finances. Mais le pays doit compter deux-trois mois entre la date d’achat de blé et sa distribution.

Le blé a toujours été une question sensible en Egypte : en 2008, l’ancien Président, Hosni Moubarak, avait dû faire face à un soulèvement de la population en raison de la pénurie de cette céréale.

Portugal : La crise politique s’intensifie

“L’actuel gouvernement a toute autorité pour exercer ses fonctions”, a déclaré le Président portugais, Anibal Cavaco Silva, à la télévision, rejetant ainsi la demande des partis d’opposition d’organiser des élections anticipées. Le Président a également appelé les principaux partis de gouvernement à trouver un compromis, afin d’éviter que le pays n’ait à demander un deuxième “plan de sauvetage financier” l’année prochaine.

Le Portugal s’est trouvé plongé dans une crise politique la semaine dernière, avec la démission du Ministre des Finances, Vitor Gaspar, l’architecte de l’austérité, mécontent du trop faible soutien apporté à sa politique, et du Ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, opposé à la poursuite de la politique de rigueur, imposée pour recevoir les €78mds ($102mds) d’”aide financière” de la troïka. Le départ de Paulo Portas, chef du petit parti conservateur CDS-PP, partenaire du Parti social-démocrate du Premier Ministre, Pedro Passos Coelho, au sein de la coalition au pouvoir depuis 2011, a miné la stabilité du gouvernement.

Dimanche, Coehlo a annoncé un accord entre son parti et le CDS-PP, qui implique le retour de Portas. Le Président n’a pas apporté son soutien explicite à cette nouvelle coalition. “Le Président de la République a décidé de passer outre l’impasse politique entre les partis de la coalition au pouvoir en ajoutant un nouveau problème à celui qui existe déjà. Il a décidé de prendre le pouvoir“, a jugé avec sévérité le quotidien Publico.

Russie : L’avocat fiscaliste Magnitski, mort en 2009, est condamné pour fraude fiscale

C’est le premier procès posthume russe. Il vient ternir encore davantage l’image de Moscou sur la question des droits humains. L’avocat fiscaliste du fonds d’investissement Hermitage Capital, Sergueï Magnitski, a été condamné par contumace pour fraude fiscale. Il est mort dans des conditions suspectes en 2009, après 11 mois de détention provisoire. En 2011, malgré l’opposition de sa famille et de ses avocats, son procès a été rouvert. Il avait dénoncé une escroquerie impliquant policiers et agents des impôts russes, et flouant l’Etat russe et son client, William Browder, à la tête d’Hermitage Capital.

“Ce procès fantoche confirme que Vladimir Poutine est prêt à sacrifier sa crédibilité internationale pour protéger des responsables corrompus qui ont assassiné un avocat innocent et dérobé €177m ($230m) à l’Etat russe”, a fait savoir Hermitage Capital dans un communiqué.

Le Conseil des droits humains du Kremlin lui-même avait reconnu l’existence de preuves suggérant que Magnistki avait été battu à mort, mais Poutine avait rejeté les accusations de torture et affirmé l’an dernier que l’avocat était mort d’un arrêt cardiaque. L’ancien client de Magnistki, William Browder, est condamné in absentia – il se trouve au Royaume-Uni – pour les mêmes faits à neuf ans de camp. Il a dit n’être pas surpris de cette décision qui couvre “les délits économiques du régime”.

Journée nationale des luttes au Brésil

“Journée nationale des luttes”, c’est le nom donné par cinq grandes centrales syndicales brésiliennes à la manifestation à laquelle elles ont appelé aujourd’hui. L’appel avait été lancé fin juin, pendant le mouvement de contestation de la hausse du prix des transports en commun, qui s’était transformé en dénonciation de la corruption de la classe politique et des sommes dépensées pour la Coupe du monde de football, organisée l’année prochaine dans ce pays d’Amérique du Sud.

Contrairement aux mouvements de juin, très horizontaux, malgré l’impulsion de certains collectifs, comme Passe Livre, la mobilisation d’aujourd’hui est organisée par des acteurs institutionnels, habitués du dialogue avec les partis politiques.

Le mouvement Passe Livre a lui aussi appelé à descendre dans la rue, tout en dénonçant une mobilisation trop générale des syndicats : “Nous nous battons pour des solutions concrètes. Nous serons présents ce jeudi avec les travailleurs du métro à Sao Paolo, pour demander de meilleures conditions de travail, et dans la banlieue de Sao Paolo où le prix du ticket de bus n’a pas encore baissé”, a expliqué Andre Ciola du mouvement Passe Livre à Sao Paulo.

Yamaguchi-gumi Shinpo, le magazine du crime organisé japonais

Montrer que ses membres appartiennent à une organisation traditionnelle qui respecte les valeurs fondamentales de loyauté et de discipline, voilà l’objectif du magazine lancé par… le clan le plus puissant des Yakuza, ces réseaux du crime organisé japonais. Publié par le plus imposant et le redouté de ces syndicats, Yamaguchi-gumi, dont le siège se trouve dans le port de Kobe, le magazine Yamaguchi-gumi Shinpo propose à la lecture des haikus, ces courts poèmes japonais, ou des considérations sur la pêche à la ligne.

Sa distribution n’est pas publique. Il a seulement été envoyé aux 27 700 membres réguliers du réseau avec l’idée de réaffirmer les valeurs morales que doivent respecter les Yakuza. On compte en tout environ 62 300 membres des Yakuza, soit une diminution de 7100 membres par rapport à l’année précédente. Les Yamaguchi-gumi représentent près de 40% des Yakuza.

La publication intervient après un conflit de près de sept ans sur l’île de Kiushu qui a vu la mort de “civils” innocents et montré à nouveau au grand jour la violence des Yakuza.

Share on Twitter    Share on Facebook