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Mardi 9 juillet 2013

Explosion dans un bastion du Hezbollah à Beyrouth : 50 blessés

Une explosion à la voiture piégée dans un quartier de Beyrouth, bastion de la milice chiite du Hezbollah, a fait au moins 53 blessés. Les médecins ont fait état de plusieurs morts, selon l’agence de presse Reuters, mais aucun chiffre n’a été confirmé par les autorités libanaises. “Les appartements aux premier et deuxième étages autour du site de l’explosion ont été touchés, la plupart des fenêtres ont volé en éclat”, a précisé la correspondante d’Al Jazeera sur place. La majorité des victimes sont des femmes et des enfants. Le quartier commerçant était particulièrement animé aujourd’hui, dernier jour avant le début du Ramadan.

Aucun groupe n’a encore revendiqué l’explosion. Mais les habitants du quartier ont pointé du doigt les milices sunnites qui soutiennent le soulèvement contre Bachar el-Assad en Syrie. Bien que le Liban soit neutre dans la guerre civile qui ravage son voisin depuis plus de deux ans, le pays est profondément divisé entre opposants de l’actuel Président syrien et partisans du régime. Ces oppositions sont confessionalisées : les soutiens des insurgés sont majoritairement sunnites, tandis que les partisans d’Assad, qui appartient à la minorité Alaouite, proche du Chiisme, sont majoritairement chiites. Sayyed Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a promis que ses troupes, qui ont joué un rôle clé dans la reprise de la ville de Qusayr le mois dernier, continueraient à se battre aux côtés des insurgés.

Sur le site de l’explosion, des combattants du Hezbollah ont arrêté deux hommes, d’après Reuters. Des jeunes hommes en colère ont commencé à crier “Dieu et Nasrallah” en portant des images du leader du mouvement chiite islamiste. C’est la deuxième attaque contre ce quartier Sud de Beyrouth en un an : des roquettes avaient été tirées en mai.

Les Frères Musulmans rejettent les propositions d’élections du Président par intérim

Adopté tard hier, un décret du Président égyptien par intérim, Adly Mansour, prévoit l’amendement du projet de Constitution sous 15 jours et la tenue d’un référendum d’approbation sous quatre mois. Ce calendrier rendrait possible la tenue d’élections parlementaires début 2014, suivies d’élections présidentielles.

“Un décret constitutionnel pris par un homme placé au pouvoir par des putchistes qui ramène le pays au point de départ” : c’est ainsi que le Parti de la Justice et de la Liberté – la branche politique des Frères Musulmans, le mouvement du Président évincé, Mohammed Morsi – a qualifié la déclaration faite par Mansour.

Le Président élu le 30 juin 2012, Mohammed Morsi, a été chassé du pouvoir par l’armée mercredi dernier, et remplacé par un Président par intérim, Adly Mansour. Cette éviction fait suite à de nombreuses manifestations contre l’autoritarisme et l’absence de politique économique de Morsi. Hier, au moins 51 personnes ont été blessées à proximité du site où Morsi serait détenu. Les Frères Musulmans et le parti islamiste ultra-conservateur, Nour, ont qualifié l’événement de “massacre”. Le rejet du décret de Mansour marque une nouvelle étape dans l’approfondissement de la crise politique égyptienne.

Première dispute commerciale entre la Russie et l’U.E. devant l’O.M.C.

Pour la première fois, l’Union Européenne (U.E.) porte devant l’Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C.) un différend avec la Russie sur une taxe que celle-ci veut imposer aux voitures qu’elle importe de l’U.E.“La taxe est incompatible avec les règles les plus élémentaires de l’O.M.C. qui interdisent la discrimination contre les importations”, a précisé le Commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht.

La Russie a rejoint l’O.M.C. en août 2012 et introduit cette taxe en septembre de la même année. Elle ne concerne que les voitures de l’U.E. à l’importation, car la Russie a prévu une exception pour les voitures fabriquées en Russie, au Kazakhstan et au Bélarus. D’où les remarques faites par l’U.E. qui négocie avec Moscou depuis près d’un an et l’accuse d’annuler ainsi les effets des restrictions de droits de douane.

La “taxe de recyclage” de Moscou est comprise entre €420 ($540) et €2700 pour un véhicule neuf, et entre €2600 et €17 200 pour un véhicule de plus de trois ans. Pour des véhicules comme les camions miniers, la taxe peut s’élever à €147 700.

Amnesty International : La politique honteuse de la Grèce à l’égard des migrants turcs

Des vols d’argent, de photos et de souvenirs, des embarcations de fortune tailladées et endommagées : voilà comment les 30 migrants Turcs interrogés par l’ONG Amnesty International décrivent leurs conditions d’arrivée dans l’Union Européenne (U.E.). “Le nombre d’histoires de rejet que nous avons rassemblé est extrêmement préoccupant. Il suggère que les autorités grecques ont régulièrement recours à ces pratiques, bien qu’elles soient illégales“, a commenté un responsable d’Amnesty International.

La Grèce est le principal point d’entrée dans l’U.E. pour les migrants venus d’Asie et du Moyen-Orient. Le nombre de migrants accédant à l’U.E. par Evros, au Nord de la Grèce, a fortement chuté depuis qu’Athènes a construit un mur de 10,5 mètres le long de la frontière. Mais cette sécurité renforcée a accru les tentatives d’immigration par bateau, en passant par la mer Egée.

“Ce qui se passe le long de la frontière grecque n’est pas seulement une honte pour la Grèce. C’est une honte pour l’Union Européenne tout entière”, juge Amnesty International. De son côté, le Minsitre grec en charge de l’ordre public a qualifié les immigrants illégaux d’”énorme fardeau pour notre société” : “La pression que subit la société grecque et les systèmes qui la soutiennent est énorme. L’Union Européenne ne nous aide pas suffisamment”, a-t-il ajouté, en demandant plus de financement et un accord pour que le nombre de migrants accepté soit mieux réparti entre les différents pays européens.

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