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Lundi 17 juin 2013

Rohani vainqueur de la présidentielle en Iran

Le candidat modéré, Hassan Rohani, est arrivé en tête au premier tour des éléctions présidentielles iraniennes, avec plus de 50% des suffrages exprimés. Le taux de participation atteint 72,7%. La victoire de Rohani contre les candidats « principalistes » – nom donné aux conservateurs – témoigne d’une volonté de changement de la part de la population iranienne. Elle est un démenti de la ligne dure imposée vis-à-vis de l’Ouest par le Guide Suprême, l’ayatollah Ali Khomenei. Mais la question demeure de connaître la marge de manœuvre dont disposera le nouveau Président par rapport à Khomenei et aux gardiens de la Révolution. Lors de sa première conférence de presse, aujourd’hui, il a qualifié d’injustes les sanctions imposées à son pays sur cette question, et indiqué que Téhéran ne suspendrait pas ses activités d’enrichissement d’uranium. Mais Rohani a également plaidé en faveur d’une « interaction constructive avec le reste du monde ». Il s’est dit favorable à « une plus grande transparence » sur le programme nucléaire de son pays, objet de dissension avec les pays occidentaux. L’Iran est également un soutien du Hezbollah, le groupe chiite libanais qui se bat aux côtés du régime de Bachar el-Assad dans la guerre civile syrienne.

Répression en Turquie, grève des syndicats

Le gouvernement turc a fait nettoyer la place Taksim ce week-end. Il s’est déclaré prêt à envoyer l’armée pour mettre fin à près de trois semaines de soulèvements à Istanbul et dans d’autres villes du pays. Cette déclaration, faite par le Vice-Premier Ministre à la télévision, fait pour la première fois miroiter la perspective d’une utilisation des forces armées. Le Premier Ministre, Recep Tayyip Erdogan, a réitéré devant ses partisans son interprétation selon laquelle les manifestants sont manipulés par des « terroristes ». Deux syndicats, la Confédération des syndicats des fonctionnaires (K.E.S.K.) et la Confédération des syndicats progressistes (D.I.S.K.), ont appelé à une grève aujourd’hui pour dénoncer les arrestations qui ont eu lieu samedi soir, qui concernent quelque 500 personnes, et où les forces de l’ordre sont accusées par les manifestants d’avoir utilisé, en plus des canons à eau et des gaz lacrymogène, des bombes de gaz.

Ouverture du G8 en Irlande du Nord : Syrie et commerce international

Les dirigeants des huit pays les plus puissants du monde – Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, Canada, Allemagne, France, Italie et Japon – ont entamé leur sommet en Irlande du Nord, à Lough Erne, à l’abri des manifestants. Les dirigeants ont prévu de parler de la situation en Syrie. Le G8 s’ouvre alors que les Etats-Unis ont annoncé leur volonté d’armer l’opposition syrienne à Bachar el-Assad, qui est toujours soutenu par la Russie. Moscou a réaffirmé son désaccord, et son opposition absolue à l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne. La situation économique et le commerce mondial seront aussi au programme des discussions des pays du G8 dont les économies représentent au total €53 300mds ($71 100mds). Le Premier Ministre britannique, David Cameron, veut s’attaquer à l’évasion fiscale, qui coûte €2250mds ($3000mds) par an. L’Union Européenne et les Etats-Unis doivent annoncer le lancement de négociations pour un accord sur le libre échange censé apporte €75mds ($100mds) par an à l’économie de chacune des zones. 8000 policiers sont mobilisés pour assurer la sécurité.

Brésil : Fronde anti-gouvernementale sur les réseaux sociaux

Au Brésil, les mobilisations contre le coût de la vie et la politique gouvernementale prennent de l’ampleur. Elles rappellent celles de 1992, où la population demandait le départ de l’ex-président Fernando Collor de Mello, accusé de corruption. Les manifestations qui ont commencé à Sao Paulo, menées par le mouvement Passe Livre, qui défend la gratuité des transports publics, se sont étendues à d’autres villes. Elles ont été réprimées par la police qui a fait usage de matraques, balles en caoutchouc et gaz lacrymogène. Les images de la violence policière ont été relayées sur les réseaux sociaux. Le mouvement rassemble des gens aux revendications diverses : de la gratuité des transports à la dénonciation des abus du gouvernement pendant la Coupe du monde de football.

Vers une nouvelle révolution en Egypte ?

Des millions d’Egyptiens ont signé une pétition demandant le départ du Président, Mohamed Morsi, et appellent à une manifestation le 30 juin, jour anniversaire de l’arrivée au pouvoir du Président. Mais une grande partie de la population égyptienne est prête à défendre son premier président élu, accusant les opposants d’être des partisans de l’ancien régime. Ils prévoient des manifestations de soutien à Morsi à partir de vendredi. « La probabilité de violences lors des manifestations à venir est élevée », juste un général égyptien à la retraite. « Cela pourrait venir de l’un ou l’autre côté. » Les dissensions permanentes entre les islamistes au pouvoir et l’opposition séculière ne semble pas sur le point d’être résolues : la crise économique et un système politique qui manque encore d’assise rendent l’Egypte fragile.

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