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Vendredi 14 juin 2013

US : Accord pour livrer des armes aux rebelles syriens

La Maison Blanche a annoncé que les Etats-Unis fourniraient directement des armes aux rebelles syriens. Cette annonce représente un tournant dans la position américaine vis-à-vis de la guerre civile syrienne. Elle s’explique par la conclusion à laquelle est parvenue l’administration américaine que les forces gouvernementales utilisaient des armes chimiques, dont l’agent sarin. L’utilisation d’armes chimiques avait été présentée par le Président américain, Barack Obama, comme une « ligne rouge » qui justifiait une plus grande implication de son pays dans la guerre. Mais les indices concordants n’avaient jusqu’à présent pas modifié la position de Washington. Peu de détails ont été donnés sur l’aide militaire qui sera apportée : elle sera « différente par son ampleur et son étendue de ce qui a été fourni jusqu’à présent », a indiqué la Maison Blanche. Les Etats-Unis fourniront des munitions et des armes légères à l’opposition. L’établissement d’une zone d’exclusion aérienne et l’envoi de troupes américaines au sol ont pour l’instant été exclus. La décision de Washington a été saluée par le Royaume-Uni, et vivement critiquée par la Syrie et son allié, la Russie qui a jugé « non convaincants » les arguments sur l’utilisation d’armes chimiques. Les rebelles syriens demandent depuis longtemps à leurs soutiens occidentaux la livraison d’armes. Des discussions sont encore en cours sur l’envoi d’armes anti-aériennes et anti-tank. La Central Intelligence Agency (C.I.A.) – les renseignements extérieurs américains – coordonnera l’approvisionnement en équipement et formera les soldats rebelles à l’utilisation des armes.

Turquie : Erdogan s’en remet à une décision du tribunal pour Gezi

Dans un geste de conciliation, le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé aux manifestants mobilisés depuis le 31 mai contre la destruction du parc de Gezi à des fins de réaménagement urbain, et contre la politique du gouvernement, que les projets d’aménagement urbain seraient suspendus à la décision du tribunal qui a été saisi par les militants écologistes. Même en cas de décision favorable au projet de réaménagement urbain, le gouvernement s’engage à consulter le peuple par référendum, ce qu’Erdogan avait déjà proposé mercredi. Cette annonce, qui marque une volonté de conciliation après deux semaines de tensions, est surtout symbolique : la loi impose au Premier Ministre de respecter la décision du tribunal. Mais la tonalité de son discours contraste avec ses prises de position antérieures. La délégation des manifestants envoyée pour discuter avec Erdogan – Taksim Solidarity – a salué son annonce. L’incertitude demeure sur une éventuelle poursuite de la mobilisation contre le gouvernement. Les manifestants continuent de camper à Gezi. Hier, sur la place Taksim, nettoyée deux jours plus tôt par la police, des milliers de manifestants étaient à nouveau rassemblés, dans le calme.

Afrique du Sud : Hacking du site du parti du Congrès National Africain

Des hackers zimbabwéens (bidouilleurs informatiques) ont attaqué le site du parti du Président d’Afrique du Sud, le Congrès National Africain (A.N.C.). Ils accusent l’A.N.C., actuellement au pouvoir, d’avoir une relation corrompue avec son ancienne colonie, le Royaume-Uni. Le groupe de hackers a également annoncé avoir attaqué avec succès le site du Ministère de la Défense du Zimbabwe « pour le massacre génocidaire de 20 000 Ndebele ». Les associations de droits humains estiment que les forces de Mugabe ont tué près de 20 000 personnes au début des années 1980 à l’Ouest du pays, région principalement peuplée par la minorité Ndebele. Ce mois-ci, Mugabe a reconnu à la télévision que le massacre des Ndebele était « une très mauvaise chose », mais l’a imputé aux soldats qui avaient désobéi aux ordres. Les tensions vont croissant au Zimbabwe, et entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, après l’annonce par Mugabe de la tenue des élections présidentielles le 31 juillet, ce qui a provoqué la colère du Premier Ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai.

Brésil : Affrontements violents lors des manifestations contre l’augmentation du prix des transports

Les manifestations contre l’augmentation des tarifs de bus et de métro dans la ville de Sao Paulo, au Brésil, ont vu de violents affrontements. La police a utilisé des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, et interpelé plus de 200 personnes. Elle a saisi des cocktails Molotov. Des violences ont également été constatées à Rio de Janeiro. Le prix d’un ticket de métro à Sao Paulo a augmenté le 2 juin de 3 reals (€1) à 3,20 reals (€1,10). Les autorités soulignent que l’augmentation reste inférieure à l’inflation qui est de 15,5% entre janvier 2011 et aujourd’hui selon les chiffres officiels. Hier, 5000 personnes se sont rassemblées dans le centre de Sao Paulo, pour le quatrième jour de manifestations. Au moins 55 personnes ont été blessées, selon le journal la Folha de Sao Paulo. Le gouverneur de l’Etat, Geraldo Alckmin, a qualifié les manifestants de « vandales ». Il a défendu le professionnalisme de la police, et récusé l’idée qu’elle avait fait preuve d’une force excessive. Le Ministre de la Justice, Jose Eduardo Cardozo, a reconnu la légitimité des manifestations en soulignant toutefois que le recours à la violence et au vandalisme était inacceptable.

Australie : Adoption de la mention « X » pour le genre sur les papiers d’identité

L’Australie a adopté des mesures qui permettent à ses citoyens de ne pas choisir entre « femme » et « homme » sur leurs papiers d’identité, mais d’opter pour « indéterminé, intersexe ou non renseigné ». Cette nouvelle possibilité, qui sera effective à compter du 1er juillet, facilitera les changements d’identité de genre. « Nous reconnaissons que les individus peuvent s’identifier, et être reconnus au sein d’une communauté, comme d’un genre différent de celui qui leur a été assigné à la naissance ou durant l’enfance, ou d’un genre indéterminé », a déclaré le Ministre de la Justice, Mark Dreyfus. La nouvelle mesure intervient sur les recommandations de la Commission australienne des droits humains, faites en 2009.

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