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Jeudi 6 juin 2013

U.K. : Dédommagements pour les Mau Mau

Les Kenyans torturés par les forces coloniales britanniques pendant le soulèvement Mau Mau vont recevoir un dédommagement de €23,5m ($31m), a annoncé le Secrétaire d’Etat britannique, William Hague. « Le gouvernement britannique reconnaît que les Kenyans ont été victimes de torture et d’autres formes de mauvais traitements dans les mains de l’administration coloniale », a-t-il déclaré. Des milliers de personnes avaient été tuées lors d’une révolte contre la domination britannique au Kenya dans les années 1950.  Hague a également annoncé la construction d’un monument à la mémoire des victimes dans la capitale, Nairobi. 5228 victimes recevront un dédommagement s’élevant à €23,5m ($31m), à la suite d’un accord avec les avocats desdites victimes qui se battent depuis des années pour faire reconnaître leurs droits. Un avocat a souligné que des milliers de demandes demeuraient non traitées, et que quelque 8000 Kenyans étaient toujours dans l’attente d’un accord avec le gouvernement britannique.

Corées : Proposition de pourparlers du Nord au Sud

La Corée du Nord a proposé à la Corée du Sud l’ouverture de pourparlers officiels pour normaliser leurs projets commerciaux, dont la zone industrielle de Kaesong, qui avait été fermée au plus fort des tensions entre les deux pays, en avril, après la condamnation par la Corée du Sud et des pays occidentaux d’un essai nucléaire réalisé par Pyongyang en février. Plus de 50 000 Nord-Coréens ont perdu leur emploi au moment de la fermeture du site de Kaesong, opéré jusque là conjointement par les deux Corées, mais situé en Corée du Nord. Le Ministre de la Réunification sud-coréen a salué la proposition de son voisin et dit espérer pouvoir construire une relation de confiance. Le changement d’attitude de la Corée du Nord, beaucoup moins intransigeante qu’il y a quelques mois, s’explique peut-être par le nombre d’emplois perdus.

Garry Kasparov : Pas de retour en Russie par peur de poursuites pénales

Le champion d’échecs et activiste politique russe, Garry Kasparov, a quitté la Russie par peur de poursuites pénales. Lors d’une conférence à Genève, il a suggéré qu’il était peut-être le suivant sur la liste des leaders d’opposition convoqué devant la justice, après Alexei Navalny et Sergei Udalstov. « J’ai fait des allers-retours jusqu’à fin février. A ce moment-là, il est devenu clair que je pouvais être concerné par ces enquêtes permanentes sur les activités des opposants politiques. » L’annonce de Kasparov intervient une semaine après le départ de Russie de l’économiste Sergei Guriev, venu en France par crainte d’être poursuivi pour ses liens avec l’oligarque Mikhail Khodorkovsky, en prison depuis 2003. Guriev était jusque là en contact à la fois avec les opposants et des figures haut placées du régime. Lundi, le Président russe, Vladimir Poutine, a indiqué que Guriev était le bienvenu en Russie, mais l’économiste a publiquement refusé cette invitation à revenir, dans le New York Times : « Personnellement, je préfère rester libre. »

Golan : Un poste frontalier pris par l’armée syrienne

Selon des sources israéliennes, l’armée syrienne a pris le contrôle d’un poste frontière sous surveillance des Nations Unies, sur les hauteurs du Golan, à Quneitra. Les rebelles s’étaient emparés de ce poste plus tôt dans la journée. L’Autriche, dont les forces composent environ un tiers de 1000 troupes onusiennes stationnées dans la zone, a annoncé leur retrait pour des raisons de sécurité. Le déploiement de tanks syriens dans la zone démilitarisée viole les accords de cessez-le-feu en place depuis la guerre du Kippour en 1973, mais la BBC affirme que, selon ses sources, Israël ne prévoit pas de réagir. L’Etat hébreu s’était emparé du plateau en 1967 et l’avait ensuite annexé, ce que la communauté internationale n’a jamais officiellement reconnu. Il a exprimé à plusieurs reprises la crainte que la guerre civile syrienne ne traverse la frontière, et que le plateau du Golan ne soit utilisé pour lancer une attaque contre le pays, soit de la part d’islamistes rebelles combattant contre le régime, soit de la part du Hezbollah libanais, de plus en plus impliqué, comme en témoigne son rôle dans la bataille de Qusayr.

RDC : Thérapie pour les victimes de violences sexuelles

En République Démocratique du Congo, le viol est utilisé comme arme par les soldats, et des milliers de femmes sont violées chaque année. Certains avancent le chiffre de deux millions de femmes violées par les rebelles ou les troupes gouvernementales en 20 ans de conflit. Une thérapie de groupe à destination des victimes de traumatisme permet à certaines femmes de passer outre le sentiment de honte, les cauchemars et les flashbacks terrifiants provoqués par le viol. La méthode a été mise au point par des chercheurs de l’Université John Hopkins : elle implique d’enseigner aux personnes victimes de violences sexuelles à considérer rationnellement les pensées, émotions et croyances survenues après le crime. Les femmes victimes de viol se sentent souvent coupables : elles sont sorties seules, elles ont regardé leur futur agresseur etc. La thérapie les invite à se demander : des femmes ont-elles été violées dans d’autres circonstances ? Si oui, comment peuvent-elles donc se sentir coupables ?

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