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Lundi 27 mai 2013

Accord agraire entre le gouvernement et le FARC

Les rebelles des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement ont signé un accord sur la répartition des terres agricoles, après plus de six mois de négociations. La réforme agraire constitue l’un des sujets les plus délicats dans les négociations censées mettre fin à plus de 50 ans de conflit. L’accord signé appelle à un développement économique et social des zones rurales et à l’attribution de terres aux fermiers pauvres. Il préconise la création d’une banque agraire pour réattribuer les terres illégalement saisies pendant le conflit. Analystes et ONG estiment que nombre d’entre elles ont été saisies par des groupes paramilitaires d’extrême-droite ; le gouvernement estime qu’un tiers des saisies est le fait des FARC, ce que les rebelles récusent. L’accord n’entrera en vigueur qu’une fois les négociations terminées, dans le cadre d’un accord global. Les partenaires vont s’attaquer aux autres sujets, dont la participation des rebelles au gouvernement. Les FARC souhaitaient initialement établir un régime marxiste, mais se sont trouvés de plus en plus impliqués dans le trafic de drogue pour financer leurs campagnes. Depuis le début du conflit dans les années 1960, le gouvernement évalue à 600 000 le nombre de personnes tuées, et trois millions, le nombre de déplacés.

Birmanie : Dénonciation de la politique de deux enfants imposée aux Rohingya

La cheffe de l’opposition birmane, Aung San Suu Kyi, et les ONG de défense des droits humains ont condamné l’annonce faite par les autorités birmanes de limiter à deux le nombre d’enfants par foyer pour les familles musulmanes Rohingya. Aucune politique semblable ne s’applique pour les familles bouddhistes, et l’annonce intervient alors que le gouvernement est accusé par l’ONG Human Rights Watch de contribuer au nettoyage ethnique de cette minorité. Aucun détail n’a été donné dans sa mise en œuvre. « Si c’est exact, c’est contraire à la loi », a déclaré Aung San Suu Kyi, par ailleurs accusée de ne pas davantage s’interposer pour dénoncer les violences commises contre la minorité Rohingya. Pendant des années, sous la dictature militaire, les Rohingya ont subi des mesures discriminatoires en Birmanie, de l’autorisation administrative pour voyager au permis accordé pour se marier, en passant par la limitation des naissances à deux enfants. A l’époque, tout enfant « supplémentaire » était « blacklisté » : son certificat de naissance lui était refusé et il n’avait pas le droit d’aller à l’école, de voyager ou de se marier. Depuis un an, les Rohingya sont à nouveau la cible de violences qui ont fait plusieurs centaines de morts, et obligé 125 000 d’entre eux à fuir leur habitation.

Syrie : Division européenne sur l’envoi d’armes aux rebelles, témoignages d’armes chimiques

L’Union Européenne (U.E.) reste divisée sur l’allègement des sanctions contre la Syrie pour permettre d’envoyer des armes aux rebelles combattant le régime du Président Bachar el-Assad. Le Royaume-Uni demande l’allègement de l’embargo, mais certains Etats membres estiment qu’un afflux d’armes en Syrie ne fera qu’augmenter le nombre de morts, qui approche aujourd’hui 100 000 en deux ans, et ternir la réputation de l’U.E. comme partenaire de paix. Les discussions en cours à Bruxelles ont lieu alors qu’à Istanbul, l’opposition syrienne ne parvient toujours pas à se mettre d’accord sur sa représentation à la Conférence internationale de Genève souhaitée par la Russie et les Etats-Unis. Moscou a annoncé un « accord de principe » du régime de Damas pour y participer. La Coalition Nationale Syrienne (C.N.S.), elle, a rejeté une ouverture aux libéraux, soutenus par l’Arabie Saoudite et les Etats occidentaux, qui veulent contrer le poids grandissant des islamistes dans l’opposition syrienne : le groupe libéral, emmené par Michel Kilo, ne s’est vu proposer que cinq représentants, au lieu des 25 qu’il attendait. Ces tensions au sein de l’opposition syrienne, qui affaiblissent les Occidentaux face à la Russie, signalent aussi une rivalité croissante entre Etats du Golfe, le Qatar et l’Arabie Saoudite souhaitant tous deux asseoir leur influence au sein de la C.N.S.

Sicile : Parrains de la mafia et hommes politiques côte à côte dans un procès

Les procureurs accusent les représentants de l’Etat d’avoir conclu des accords secrets avec les gangsters pour mettre fin à une série d’attentats meurtriers au début des années 1990. Politiciens et parrains de la mafia se retrouvent donc côte à côte sur le banc des accusés : « J’ai toujours combattu la mafia », s’est offusqué l’ancien Ministre de l’Intérieur, Nicola Mancino. Il y a 20 ans, la mafia faisait la guerre à l’Etat italien. Des explosions à la voiture piégée avaient frappé Rome, Florence et Milan, et deux procureurs anti-mafia étaient morts dans des attentats en Sicile. Les autorités avaient été accusées de « s’agenouiller devant la mafia », cédant à son chantage et acceptant de négocier en secret. Des témoins aussi importants que l’actuel Président italien, Giorgio Napolitano, pourraient être cités à comparaître dans ce procès.

Grandes manifestations contre Monsanto et les OGM

Les organisateurs estiment que plus de deux millions de personnes ont manifesté samedi partout dans le monde contre le géant agrochimique américain, Monsanto, et les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Selon son organisatrice, Tami Canal, la « Marche contre Monsanto » s’est déroulée dans 436 villes à travers 52 pays. Les OGM sont développés à partir de semences travaillées pour résister aux insecticides et aux pesticides ; on y ajoute aussi une valeur nutritionnelle. L’objectif est d’améliorer la rentabilité des récoltes et d’accroître l’approvisionnement alimentaire mondial. Mais selon leurs détracteurs, les OGM sont une menace pour la santé humaine, et pour l’environnement. La « Marche contre Monsanto » a été lancée le 28 février par Tami Canal, qui a créé un page sur Facebook pour dénoncer les pratiques du géant agrochimique. Aux Etats-Unis, les produits composés d’OGM n’ont pas l’obligation de porter une étiquette indiquant leur composition.

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