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Mercredi 22 mai 2013

EUROPE : vers le classement du Hezbollah comme organisation terroriste

Le Royaume-Uni déclare avoir demandé à l’Union Européenne (U.E.) de classer la branche armée du mouvement libanais Hezbollah comme organisation terroriste. Celle-ci est déjà sur la liste noire de nombreux pays, dont les Etats-Unis et Israël qui incitent tous deux l’Europe à agir dans ce sens. La question se fait maintenant plus pressante, avec en toile de fond le conflit syrien où le Hezbollah serait actif au côté du pouvoir en place. Il y a quelques jours, des combattants du Hezbollah seraient intervenus avec les troupes syriennes dans un combat contre les rebelles dans la ville syrienne de Qusayr, proche de la frontière libanaise. Le Royaume-Uni devrait bénéficier dans sa démarche du soutien des Pays-Bas, seul autre pays de l’U.E. ayant déjà classé l’organisation sur sa liste noire. La Bulgarie, elle aussi, pourrait plaider dans ce sens. En février, elle avait accusé le mouvement d’avoir perpétrer un attentat dans la ville de Burgas, sur les bords de la Mer noire, tuant cinq israéliens et leur chauffeur bulgare en juillet l’année dernière. Il faudra cependant convaincre notamment la France et l’Italie, dont les troupes sont déployées au Liban dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Une sanction contre le Hezbollah pourrait leur faire craindre une déstabilisation du Liban et des représailles à destination des casques bleus présents dans le pays.

Au pakistan, un nombre croissant de femmes incarcérées pour « crimes moraux »

Près de 600 femmes et filles afghanes sont aujourd’hui emprisonnées pour « crimes moraux » selon l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (H.R.W.). Soit une augmentation de 50 % en un an et demi. Ces données, issues du Ministère de l’intérieur afghan, ont de quoi inquiéter les militants pour le droit des femmes. Dans son rapport, H.R.W. met en avant deux principales raisons d’incarcération, la fuite du domicile et la « zina », qui désigne en arabe les relations sexuelles hors mariage. D’après l’O.N.G., la fuite, souvent motivée par de mauvais traitements au sein du foyer, ne figure pas dans le code pénal afghan. Quant à la « zina », la considérer comme un crime serait contraire aux conventions internationales signées par l’Afghanistan. Sans compter que derrière les accusations d’adultères se cache souvent un viol. Suite à leur arrestation, certaines femmes subissent un « test de virginité » de la part de la police afghane en dehors de tout cadre médical et en contradiction avec la loi internationale. ” Dix ans après la chute des talibans, les abus contre les femmes se sont généralisés. C’est une triste ironie de voir que les ressources relativement faibles du système judiciaires sont utilisées pour poursuivre et emprisonner des femmes et des filles pour des actions qui n’auraient jamais du être des crimes “, déplore Human Rights Watch. Les défenseurs des droits de l’homme et certains législateurs afghans accusent le gouvernement du Président afghan, Hamid Karzai, de ne pas agir suffisamment pour la protection des femmes – ce que récuse ce dernier. Pourtant la loi pour l’élimination de la violence contre les femmes (E.V.A.W.), mise en application en 2009 par décret présidentiel, a bien failli être abrogée ce samedi par le parlement. Ce texte définit entre autres l’âge légal du mariage à 16 ans, interdit les violences conjugales et oblige les maris polygames a demander l’approbation de leur femme avant d’en épouser une autre. Mais les députés religieux s’y opposent, arguant que cette loi s’oppose à la charia. Selon Heather Barr de Human Rights Watch, «il est possible qu’avec le départ imminent des forces étrangères, certains se disent qu’ils peuvent faire fi des droits des femmes. C’est oublier que ces idéaux sont défendus par des Afghanes et Afghans qui luttent en leurs noms.»

ZIMBABWE : le Président Mugabe promulge une nouvelle constitution

“Ce jour est un jour historique, il s’agit de l’avenir”, a déclaré le ministre des Affaires constitutionnelles, Eric Matinenga, lors de la cérémonie de signature de la nouvelle constitution. Le texte, approuvé par référendum le 19 mars dernier puis ratifié par le Parlement, réduit les pouvoirs du président au profit de ce dernier. En parallèle, il supprime le poste de Premier ministre, occupé jusqu’ici par l’opposant Morgan Tsvangirai. Il devrait ainsi mettre fin à une cohabitation difficile. Depuis 2009, Mubgabe et Tsvangirai partagent le pouvoir au sein d’un gouvernement d’union nationale formé sous la pression internationale à la suite d’une campagne électorale sanglante. S’en suivirent cinq années de crise économique et politique. Des élections devraient se tenir cette année. La nouvelle constitution impose la limite de deux mandat présidentiels, mais cette mesure n’étant pas rétroactive, Mugabe pourrait se présenter à nouveau, après 33 ans au pouvoir.

Le clip contestataire du dissident chinois Ai Weiwei

Connu pour ses œuvres exposées dans les plus grands musées, le célèbre dissident chinois Ai Weiwei se lance pour la première fois dans la chanson avec un single explosif intitulé « Dumbass » (« crétin » en français). En téléchargement sur le site www.aiweiwei.com, ce titre contestataire retrace les 81 jours d’emprisonnement d’Ai Weiwei, arrêté en 2011 par le régime chinois. Dans le clip réalisé par le Directeur de la Photographie australien Christopher Doyle, l’ancien prisonnier recrée sa cellule dans chaque détail et reconstitue les épreuves de sa détention. Il met aussi en scène les deux gardes chargés de sa surveillance et dépeint leurs fantasmes, mêlant le rêve à la réalité. Se remettre en situation « a été très dur, mais je devais le faire pour essayer de surmonter ce traumatisme » déclare Ai Weiwei. Un album composé de six chansons est attendu pour le 22 juin, jour anniversaire de la sortie de prison de la nouvelle rock star.

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