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Mercredi 8 mai 2013

Syrie : Etats-Unis et Russie favorables à l’ouverture de négociations

Au terme de la visite du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, à Moscou, les Etats-Unis et la Russie ont annoncé qu’ils allaient s’efforcer d’organiser des pourparlers entre gouvernement et rebelles de tous horizons pour mettre fin à la guerre civile qui ravage la Syrie depuis mars 2011. Récemment, les frappes israéliennes dans la région de Damas, les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques, par le gouvernement ou les rebelles, et les signes de plus en plus nets de liens entre certains rebelles et al-Qaeda, ont accru le sentiment d’urgence face à un conflit qui a fait plus de 70 000 morts. Mais les rebelles syriens ont accueilli avec scepticisme cette annonce : « Aucune position officielle n’a été retenue, mais je crois que l’opposition considèrera comme impossible de tenir des pourparlers avec un gouvernement qui a toujours à sa tête Assad », a commenté Samir Nashar, l’un des membre de la Coalition Nationale Syrienne (C.N.S.), qui regroupe les mouvements d’opposition au régime. La C.N.S. redoute que les Etats-Unis ne cherchent d’abord à faire prévaloir leurs intérêts, en laissant de côté ceux de la Syrie. Dans le même temps, internet est coupé en Syrie pour le deuxième jour consécutif. Le gouvernement pointe un défaut de fibres optiques, mais l’opposition souligne qu’une coupure du réseau a souvent précédé une attaque d’envergure lancée par le gouvernement.

Turquie : Début du retrait des troupes du PKK

Les troupes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (P.K.K.) ont commencé leur retrait du Sud-Est de la Turquie vers le Nord de l’Irak. L’opération s’inscrit dans le cadre d’un processus de paix destiné à mettre fin à 30 ans d’un conflit sanglant qui a fait plus de 40 000 morts. Ce retrait avait été annoncé le 21 mars par le leader kurde emprisonné, Abdullah Öcalan. Quelque 2000 à 2500 rebelles sont concernés. Le retrait total pourrait prendre quatre mois. Les troupes kurdes doivent traverser la frontière à pied pour regagner leurs bases dans les montagnes Qandil d’Irak. Le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a regretté que les rebelles ne déposent pas les armes, mais le P.K.K. s’est montré déterminé sur ce point. Lors d’un précédent retrait, en 1999, l’armée turque avait attaqué les rebelles, faisant 500 morts. Erdogan s’est engagé à maintes reprises à ne pas attaquer les troupes qui se retirent.

R.D.C. : Viol de 97 femmes et 33 fillettes par les troupes gouvernementales

Les troupes de la République Démocratique du Congo (R.D.C.) ont violé au moins 97 femmes et 33 fillettes, dont certaines n’avaient pas plus de six ans. Ces crimes se sont produits dans l’Est du pays, à Minova, en novembre, au moment où les troupes se retiraient devant l’avance des groupes rebelles du M23. Ces informations sont contenues dans un rapport de l’Organisation des Nations Unies publié aujourd’hui. « La plupart des victimes ont été violées par plus d’un soldat », note le rapport. Douze officiers, dont les commandants et commandants adjoints des bataillons 41 et 391, ont été suspendus à la suite de ces événements. En 2010, le bataillon 391 avait été entraîné par les Etats-Unis pour être « un modèle pour les futures réformes au sein des forces armées congolaises », selon le site du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique. Les Nations Unies ont menacé en février de retirer leur soutien à ces bataillons, mais ont continué leur coopération après la suspension des commandants. La mission des N.U. en R.D.C. – la MONUSCO – a pour mandat de protéger les civils et d’apporter son soutien aux opérations de l’armée congolaise.

Bangladesh : 2 jours de grève après les violences du 5 mai

Après les violentes manifestations dimanche à Dacca, menées par une organisation islamiste réclamant l’adoption d’une loi sur le blasphème, et qui ont fait 13 morts, l’opposition parlementaire appelle à deux jours de grève. Elle entend dénoncer la répression qui a fait, dit-elle, de nombreuses victimes dans ses rangs. Des jeunes militants du Parti nationaliste, dans l’opposition, et des militants de son allié, le principal parti islamiste, le Jamaat-e-islami, ont mené des attaques – incendies de wagons, menaces contre des motos-taxis – pour effrayer la population et paralyser le pays. En réalité, l’opposition cherche depuis plusieurs mois à dissoudre le tribunal spécial, créé par l’actuel gouvernement et qui juge plusieurs de ses membres pour les massacres perpétrés lors de l’indépendance. Elle cherche donc à semer le chaos dans le pays pour faire tomber le parti au pouvoir et imposer la mise en place d’un gouvernement intérimaire. Dans le même temps, le nombre de victimes de l’usine textile qui s’est effondrée il y a deux semaines, s’élève désormais à 800 personnes. Les autorités ont annoncé la fermeture de 18 de ces usines.

Le Brésilien Roberto Azevedo succède à Pascal Lamy à la tête de l’OMC

Roberto Azevedo dirigera l’Organisation Mondiale du Commerce : il a su gagner le soutien des pays en développement et émergents. Il l’a emporté face au Mexicain, Herminio Blanco, qui avait la faveur des Etats-Unis et de l’Union Européenne (U.E.), et est connu pour ses méthodes fortes, consistant à prendre appui sur le monde des affaires pour contraindre les gouvernements à négocier des accords de libre-échange. Azevedo représente le Brésil à l’O.M.C. depuis 2008. Il a acquis une réputation de fin négociateur et remporté deux batailles majeures pour son pays : l’une contre les subventions versées par les Américains à leurs plantations de coton, l’autre contre celles de l’U.E. à ses producteurs de sucre. « La victoire d’Azevedo reflète un grand changement de gouvernance globale dans lequel les pays émergents gagnent de la place au sein des organisations multilatérales, et y montrent une capacité de leadership », a commenté le Ministre brésilien des Affaires étrangères, Antonio Patriota.

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