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Lundi 11 mars 2013

Afghanistan : Américains et Afghans tués dans une « attaque d’infiltrés »

Deux soldats américains et deux soldats afghans ont été tués dans la province de Wardak, à l’Est du pays. L’armée américaine a qualifié l’attaque de « trahison » : le tueur, un membre de l’armée afghane, tué par la suite, a ouvert le feu lors d’un meeting. Ces attaques, rendues possibles par l’infiltration de taliban dans l’armée afghane, sont en proportion croissante. L’accident survient dans un contexte de tension : deux civils ont été tués par les forces de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité (F.I.A.S.) de l’OTAN. Selon le porte-parole de l’armée, ils auraient approché de trop près le convoi sans répondre aux appels des militaires. Le Président afghan, Hamid Karzai, est de plus en plus critique face aux morts civiles ; il avait ordonné aux troupes américaines de se retirer de la province de Wardak d’ici le 10 mars (hier) en raison des accusations de torture contre les troupes afghanes qui travaillent avec les troupes américaines. Les troupes de l’OTAN doivent se retirer, dans leur majorité, d’ici la fin de l’année prochaine.

Kenya : Kenyatta vainqueur aux élections présidentielles

La Commission électorale kényane a annoncé samedi la victoire d’Uhuru Kenyatta aux élections présidentielles : il l’emporte avec 50,07% des voix dès le premier tour, contre Raila Odinga (43,3% des voix). Très élevée, la participation atteint 86%. « J’ai déclaré que rien ne m’aurait plu davantage qu’une défaite juste », a déclaré le perdant. « Mais nous avons pointé les nombreuses irrégularités du décompte ». Lors des précédentes élections, en 2007, plus de 1100 personnes étaient mortes et 600 000 avaient été déplacées lors d’affrontements liés à la contestation des résultats. L’enjeu pour la Commission électorale cette année était de garantir un décompte le plus exact possible pour éviter un tel massacre. Kenyatta doit comparaître le mois prochain devant la Cour Pénale Internationale (C.P.I.), pour crimes contre l’humanité, impliquant le meurtre, la persécution et le viol de supporters d’Odinga en 2007. Il risque de passer une partie de son mandat sur le banc des accusés à La Haye. Aujourd’hui, le procureur de la C.P.I. a annoncé la fin des poursuites contre l’un des co-accusés de Kenyatta, Francis Muthaura : certains témoins sont morts, d’autres sont trop effrayés pour témoigner. Le procureur a précisé que la décision n’avait aucun lien avec la victoire de Kenyatta.

New Delhi : Mort d’un des accusés dans le procès pour viol collectif

Ran Singh, l’un des cinq accusés dans le procès pour viol collectif de l’étudiante indienne de 23 ans, a été retrouvé pendu dans sa cellule. La police évoque un suicide, mais sa famille et ses avocats parlent de meurtre : « Aucune circonstance n’aurait pu le conduire à se suicider », a indiqué son avocat VK Anand. « Il n’étais pas victime de stress, il était très heureux. » Les avocats avaient déjà accusé la police d’avoir battu les détenus pour obtenir des aveux. Cinq hommes et un mineur sont accusés du viol collectif d’une étudiante indienne en décembre, dans un bus. La jeune femme était par la suite décédée à l’hôpital, à Singapour. L’affaire avait provoqué une vague de manifestations sans précédent en Inde pour dénoncer l’impunité dont bénéficient les violeurs. La mort en prison de Ran Singh, le chauffeur du bus, soulève la question de la capacité des autorités indiennes à assurer la sécurité des détenus. La prison de Tihar, où sont détenus les accusés, compte 12 000 prisonniers pour 6000 places. Le Ministre indien de l’Intérieur a reconnu « une faille majeure dans la sécurité », et ordonné une enquête.

Vives tensions en Egypte

La situation est de plus en plus incontrôlable en Egypte : les policiers ont annoncé une grève pour protester contre leurs conditions de travail et demander des armes pour s’opposer aux manifestants violents. Critiqués par l’opposition pour leur usage excessif de la force, ils se sentent peu soutenus par le gouvernement : « Nous refusons d’assumer la responsabilité des erreurs du gouvernement qui veut nous impliquer dans le conflit politique », a déclaré un officier à l’AFP. La contestation s’est étendue ces derniers jours aux Forces de la sécurité centrale, les forces anti-émeutes, qui n’avaient pas connu un si grand mouvement de contestation depuis 1986. Les tensions sont vives au Caire et à Port-Saïd, où des émeutes entre supporters lors d’un match de football avaient provoqué la mort de 74 personnes en février. Les fans des deux équipes accusent la police : au lieu d’intervenir, les policiers avaient coupé l’électricité, entraînant la mort par piétinement de supporters enfermés à l’intérieur du stade. Un tribunal a confirmé samedi en appel le verdict contre 21 accusés – principalement des supporters de Port Saïd -, une décision dénoncée dans la ville au cours de nombreuses manifestations, tandis qu’au Caire, l’acquittement d’une autre partie des accusés a également été critiquée.

Philharmonique de Vienne : Admission du passé nazi

Pour la première fois, le prestigieux orchestre philharmonique de Vienne a publié des détails sur son histoire durant la période nazie : il a ainsi divulgué des biographies de ses membres juifs chassés et déportés dans des camps de concentration et la liste de récipiendaires de médailles traditionnellement délivrées à des artistes, qui l’avaient été à des hauts dignitaires du régime durant la période nazie. Sur les 123 membres de l’orchestre, 60 étaient ou voulaient devenir membres du parti nazi en 1942, et deux des membres de l’orchestre étaient des SS, l’une des principales organisations du régime nazie, directement à l’œuvre dans la destruction des juifs d’Europe. Cette publication intervient alors qu’aura lieu demain le 75e anniversaire de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie. L’Autriche n’a reconnu qu’en 1991 le rôle central qu’elle a joué dans l’Holocauste.

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