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Vendredi 1 mars 2013

Etats-Unis : Vers une coupe automatique des dépenses publiques

Le Congrès américain hier n’a pas réussi à se mettre d’accord sur des mesures pour empêcher la mise en place automatique des coupes budgétaires - le « sequester » – qui doivent prendre effet ce soir, une fois que le Président américain, Barack Obama, aura signé un ordre exécutif. Obama doit encore rencontrer aujourd’hui les principales figures du Congrès sur la question, mais les espoirs sont faibles. Les dépenses publiques américaines devraient donc automatiquement baisser de €65mds ($85mds) cette année, comme le prévoyait un accord passé entre Républicains et Démocrates en 2011. « [Les Républicains] ont laissé tout le fardeau de la réduction du déficit peser sur les épaules de la classe moyenne », a déclaré Obama hier. A la Maison Blanche, on prédit que les Républicains seront plus disposés au compromis une fois que le « sequester » fera sentir ses effets sur les écoles, les forces de police et les entreprises qui ont signé des contrats avec le gouvernement. Les Républicains soulignent que le « sequester » est très différent de la « falaise fiscale » de la fin de l’année où l’inaction risquait d’entraîner des hausses d’impôt pour tout le monde, alors que la réduction des dépenses publiques était une promesse de campagne républicaine.

Emeutes au Bangladesh : Au moins 42 morts

Au moins 42 personnes sont mortes à la suite d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité hier à Dhaka, au Bangladesh. Les émeutes ont eu lieu après l’annonce du verdict d’un tribunal spécial sur les crimes de guerre : un leader islamiste a été condamné à la peine de mort pour des crimes contre l’humanité commis 42 ans plus tôt, lors de la guerre d’indépendance avec le Pakistan en 1971. Alors que ses détracteurs se sont réjouis de la sentence, ses partisans ont réagi violemment. Les leaders du parti islamiste Jamaat avaient appelé à une grève nationale jeudi. Les manifestations entre partisans et opposants de Jamaat secouent le pays depuis plusieurs semaines : le conflit sanglant de 1971 au cours duquel trois millions de personnes sont mortes et des milliers de femmes ont été violées n’est toujours pas apaisé. Depuis le début des procès, le parti Jamaat accuse le gouvernement d’utiliser le tribunal de guerre pour régler des comptes avec ses adversaires politiques ; les autorités nient. Pour de nombreux Bangladais, le premier problème est que les crimes de 1971 soient demeurés impunis si longtemps, ce dont témoignent les demandes de peine de mort à l’encontre d’un autre leader de Jamaat condamné « seulement » à la prison à vie il y a quelques semaines. Cette demande « nous pose problème », a expliqué une activiste des droits humains au New York Times, mais « nous comprenons que (…) c’est parce que les gens redoutent leur retour sinon ».

Chine : Mécontentement sur les réseaux sociaux après les images de criminels conduits à leur lieu d’exécution

Quatre étrangers ont été exécutés en Chine pour le meurtre de 13 pêcheurs chinois sur la rivière du Mékong en 2011 ; la télévision officielle a montré les autorités les emmenant de leur cellule au site de leur exécution, sans montrer leur mort par injection létale. De nombreux utilisateurs des media sociaux ont réagi avec colère, en condamnant la diffusion. Récemment, la télévision a rarement diffusé des images de criminels conduits à leur lieu d’exécution – les images ont été diffusées sur CCTV, une chaîne contrôlée par les autorités chinoises. Avec ce choix, les autorités chinoises envoient un message clair de fermeté vis-à-vis des criminels étrangers. Les 13 pêcheurs avaient été retrouvés morts dans des bateaux chinois du côté thaï du Mékong. Les criminels avaient été arrêtés au Laos et extradés en Chine où ils avaient été condamnés pour homicide volontaire, trafic de drogue, et enlèvement. De son côté, la Thaïlande avait ouvert une enquête sur l’implication de neuf de ses soldats.

Zone euro : Le taux de chômage accroît la pression sur la B.C.E.

L’inflation dans la zone euro est de 1,8% en février, mais le taux de chômage atteint désormais 11,9% en janvier, alors qu’il semblait s’être stabilisé à 11,8% fin 2012. Cette augmentation de 0,1% signifie que 1,9 millions de personnes en plus se trouvent sans emploi dans les 17 pays qui composent la zone euro. Ces chiffres soulignent les effets sur les populations de la crise de la dette souveraine, ainsi que les mesures d’austérité qui ont suivi. « L’Union Européenne et ses Etats membres doivent mobiliser tous les instruments possibles pour créer des emplois et retrouver une croissance économique durable », a déclaré Laszlo Andor, Commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales. Le Président de la Banque Centrale Européenne (B.C.E.), Mario Draghi, est de plus en plus incité à baisser le taux d’intérêt directeur pour relancer la croissance.  Ce taux est pourtant déjà à un niveau très bas, à 0,75%. Pour Mark Mazower, professeur d’histoire à l’université de Columbia, cité par le Financial Times, Bruxelles et les pays créditeurs, comme l’Allemagne, ont échoué à comprendre que les politiques d’austérité alimentent une crise de la démocratie et ébranlent la stabilité politique en Europe.

« Harlem Shake », la danse arrive devant le QG des Frères Musulmans au Caire

Environ 70 manifestants ont réalisé hier le « Harlem shake », une danse avec mouvements du bassin popularisée par des vidéos réalisées par des adolescents australiens début février, devant le quartier général du parti des Frères Musulmans, au Caire. Les manifestants ont chanté des slogans contre les islamistes qui ont donné la victoire au Président Mohamed Morsi en juin l’an dernier. En Egypte et en Tunisie, la danse initiée par les Australiens a été récupérée au service de messages anti-islamistes. « Nous sommes contre la politique des Frères Musulmans. Leur organe de direction dicte la politique du gouvernement. La révolution continue », a déclaré l’un des organisateurs. Des véhicules de police étaient déployés hier, mais la manifestation est restée pacifique. De nombreux sites internet tenus par des salafistes ou des groupes islamistes ont dénoncé le « Harlem shake » comme indécent.

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