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Mardi 5 février 2013

Ahmadinejad en visite au Caire

Le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, est arrivé au Caire pour participer à la conférence de l’Organisation de la Coopération Islamique. Il s’agit de la première visite d’un président iranien en Egypte depuis la révolution islamique, il y a 34 ans. Les deux pays se sont rapprochés depuis l’élection en juin de Mohamed Morsi à la tête de l’Egypte, mais ils gardent des divergences, sur la Syrie notamment. Alors que l’Iran soutient le Président syrien, Bachar el-Assad, qui tente d’empêcher une révolte inspirée par celle qui a renversé l’ancien président égyptien, Hosni Moubarak, en 2011, l’Egypte, où les Sunnites sont majoritaires, soutient cette révolte. Morsi et Ahmadinejad ont discuté de la façon de résoudre la crise syrienne « sans avoir recours à l’intervention militaire ». L’Egypte veut aussi continuer à s’assurer le soutien financier des Etats du Golfe persique, pourtant suspicieux des positions de Téhéran. Enfin, Morsi veut préserver ses liens avec les Etats-Unis, qui fournissent chaque année à son pays €960m ($1,3mds) d’aide pour l’armée.  Mais le gouvernement de Morsi est aussi celui qui a établi des liens plus étroits avec le Hamas, un mouvement soutenu par l’Iran. Ces enjeux entremêlés rendent difficile le rétablissement de relations bilatérales complètes, mais « nous progressons peu à peu. Nous devons être patients », a commenté le Ministre iranien des Affaires étrangères.

Syrie : Alkhatib prêt à discuter du départ d’Assad

Le Président de la Coalition Nationale Syrienne (C.N.S.), Moaz Alkhaib, presse désormais le Président syrien, Bachar el-Assad, d’ouvrir des discussions sur son départ pour épargner au pays davantage de massacres. Alkhatib, qui doit faire face à l’opposition d’une partie de son camp, qui a toujours demandé le retrait préalable d’Assad avant toute négociation avec le régime, s’est dit prêt à rencontrer le Vice-Président syrien, Farouq al-Shara, qui a pris ses distances par rapport à Assad. Alkhatib a déclaré que chercher le dialogue pour mettre fin à un conflit qui a tué plus de 60 000 personnes et entraîné le déplacement de 700 000 autres n’était pas « une trahison » : « Le régime doit prendre clairement position sur le dialogue et nous affirmons que nous sommes prêts à tendre la main dans l’intérêt du peuple pour aider le régime à quitter le pouvoir pacifiquement », a déclaré Alkhatib. Le mois dernier, dans un discours présenté comme une proposition de réconciliation pour mettre fin à la violence, Assad avait souligné qu’il ne discuterait pas avec les « traîtres » et « les marionnettes de l’Occident ».

François Hollande : Pas d’Europe « à la carte »

Dans un discours prononcé ce matin devant le Parlement européen, à Strasbourg, le Président français, François Hollande, a appelé de ses vœux « une Europe différenciée. Pas une Europe à deux vitesses, ou à la carte », en référence au discours sur l’Europe tenu le mois dernier par le Premier Ministre britannique, David Cameron, dans lequel celui-ci annonçait la tenue d’un référendum sur l’appartenance de son pays à l’Union Européenne (U.E.) une fois qu’auraient été renégociées les relations « avec le continent ». Le discours de Hollande intervient 2 jours avant l’ouverture d’un conseil européen sur le prochain budget pluriannuel de l’U.E. où les discussions s’annoncent difficiles, les uns, comme le Royaume-Uni, souhaitant un gel des dépenses, d’autres souhaitant une augmentation du budget pour faire face à la crise. « Faire des économies, oui, affaiblir l’économie, non », a résumé le Président français.

Crise des subprimes : les Etats-Unis attaquent Standard&Poor’s

Le Département de la Justice (DoJ) américain a annoncé hier qu’il attaquait devant la justice l’agence de notation, Standard & Poor’s (S&P), détenue à 100% par l’entreprise McGraw-Hill Cos, pour sa mauvaise appréciation de certains actifs à risque avant la crise des subprimes de 2007-2008. Il s’agit de la première mise en cause devant les tribunaux d’une agence de notation pour des notes relatives à la crise du crédit. Selon la plainte déposée par le DoJ, S&P a évalué plus de €2069 mds ($2800mds) de titres hypothécaires et €887mds ($1 200mds) d’obligations adossées à la dette, entre septembre 2004 et octobre 2007. S&P est accusée d’avoir minimisé le risque sur certains actifs et encouragé les crédits à risques à des fins commerciales. Selon la plainte, S&P a faussement indiqué aux banques investissant que ses notations de crédit étaient objectives, indépendantes et détachées de tout conflit d’intérêt. Selon un analyste, l’entreprise a modifié son modèle pour certains titres au point de mettre en place des failles « assez grosses pour qu’une camion Mack y passe », en référence à une marque historique de camions. En raison de la crise des subprimes, l’économie américaine a perdu 8,74 millions d’emplois, dont 3,23 n’ont pas été recouvrés à ce jour. La plainte contre S&P pourrait n’être que la première contre une agence de notation dans la crise des subprimes.

Matchs de football truqués : un réseau criminel de grande ampleur

L’office européen de police, Europol, a mis au jour l’existence d’un réseau criminel de grande ampleur ayant permis de truquer plusieurs matchs de football, dont des rencontres de la Ligue des Champions. Plus de 425 joueurs, arbitres, dirigeants de club et criminels dans 15 pays sont suspectés d’avoir tenté de truquer plus de 380 matchs de football professionnel, selon le directeur d’Europol, Rob Wainwright. Le cartel criminel à la tête du réseau est basé à Singapour ; les opérations de trucage se sont déroulées entre 2008 et 2011. L’organisation truquait les matchs via un réseau de « courriers » se déplaçant dans le monde entier et assurant la prise en charge du déplacement des équipes, le paiement des arbitres et des joueurs. Des complices prenaient ensuite les paris sur ces matchs truqués par téléphone ou internet, auprès de bookmakers en Asie, où la législation sur les paris est moins contraignante qu’en Europe.

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