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Jeudi 18 octobre 2012

Sommet Européen à Bruxelles

Les chefs d’Etat européens se réunissent aujourd’hui pour un sommet européen de deux jours. Est inscrite à l’ordre du jour la création d’une instance de supervision bancaire unique pour les 17 Etats de la zone euro, sous le contrôle de la Banque Centrale Européenne (B.C.E.). Alors que la Commission européenne et la France sont favorables à une mise en place rapide, l’Allemagne a indiqué que la date de janvier 2013, initialement proposée, ne paraissait « pas très réaliste ». Les relations entre zone euro et pays de l’Union européenne (U.E.) hors zone euro sont un autre point de tension. Sera également discutée la proposition d’une éventuelle union fiscale qui donnerait au commissaire aux affaires économiques et monétaires un pouvoir accru sur les budgets nationaux : l’U.E. devrait avoir le droit « d’intervenir sur les budgets nationaux », a déclaré ce matin Angela Merkel devant le Parlement allemand. Ce sommet européen, qualifié par les analystes de « sommet d’étape » destiné à préparer les sommets de la fin de l’année, intervient dans un contexte financier moins tendu : l’annonce faite par la B.C.E. en septembre de soutenir les Etats de la zone euro sous condition a rassuré les marchés. Les taux d’emprunt pour les obligations à 10 ans de l’Irlande, l’Italie et l’Espagne sont tombés à 1,5%.

Grève Générale à Athènes

30 000 personnes se sont rassemblées aujourd’hui dans le centre d’Athènes, place Syntagma pour une grève générale de protestation contre les mesures d’austérité, la deuxième en un mois. La police a fait usage de gaz lacrymogènes contre un groupe de  manifestants qui lançaient des cocktails Molotov. Selon la radio Skaï citée par l’AFP, un manifestant de 66 ans serait mort à la suite d’une crise cardiaque, en marge des manifestations. A Salonique, dans le Nord, une manifestation rassemblant 17 000 personnes s’est déroulée sans heurts. Cette grève intervient alors que s’ouvre à Bruxelles un sommet européen, où la situation grecque n’est pas officiellement à l’ordre du jour. Les principaux bailleurs de fonds de la Grèce que sont la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne (B.C.E.) et le Fonds Monétaire International (F.M.I.) – la « troïka » – ont achevé hier leur mission à Athènes. Depuis plusieurs mois, la Grèce cherche à débloquer une tranche de €31,5mds ($41,3mds) tirée d’un prêt international de €130mds ($170,2mds). Les autorités grecques et la troïka « se sont mises d’accord sur les principales mesures nécessaires pour ouvrir la voie à une finalisation de l’examen », a indiqué la Commission. « Le gouvernement grec doit une fois pour toute rejeter les demandes absurdes de la troïka », a déclaré Yannis Panagopoulos le président du principal syndicat privé, GSEE. La Grèce sera à court d’argent le mois prochain. Plusieurs syndicats européens appellent à une grève générale le 14 novembre.

Colombie-FARC : Ouverture des Négociations

Des négociations entre le gouvernement colombien et le groupe rebelle des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC) s’ouvrent aujourd’hui à Oslo. Il s’agit des premières négociations officielles depuis dix ans. Elles porteront sur le trafic de drogue, les droits des victimes, la propriété des terres dans les zones rurales, la participation des FARC à la vie politique et la fin de la guerre. Le gouvernement reste prudent mais Humberto de la Calle, qui dirige la délégation du gouvernement colombien, a déclaré que « des éléments structurels nous permettent d’espérer que nous reviendrons en Colombie avec de bonnes nouvelles ». Le président colombien, Juan Manuel Santos, a refusé d’accéder à la demande des FARC et d’établir un cessez-le-feu : les opérations militaires continueront jusqu’à la signature d’un accord final. Les FARC, qui ont commencé leur guerrilla en 1964 avec l’objectif d’établir un régime marxiste, sont de plus en plus impliquées dans le trafic de drogue, nécessaire aux ressources financières dont elles ont besoin. Elles ne comptent aujourd’hui plus que 8000 combattants contre 16 000 en 2001. En raison de l’ampleur prise par le trafic de drogue et de la présence de gangs criminels, un accord de paix ne signifiera pas la fin de la violence. Les discussions doivent durer plusieurs mois et se poursuivre à Cuba.

Dépénalisation de l’Avortement en Uruguay

Le Sénat uruguayen a approuvé hier le projet de loi qui autorise l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse, sous certaines conditions. Jusqu’ici, l’avortement n’était possible qu’en cas de viol ou si la vie de la mère était en danger ; les femmes se faisant avorter et les personnes leur prêtant assistance risquaient la prison. Le projet de loi, qui doit être ratifié par le président uruguayen, José Mujica, dans les prochains jours, autorise l’avortement dans des conditions qui restent strictes : les femmes souhaitant avorter devront passer devant une commission composée d’un médecin, d’un psychologue et d’un travailleur social chargés de l’informer des « risques encourus ». Elles devront ensuite respecter un délai de cinq jours avant de poursuivre la procédure. Les associations estiment qu’entre 30 000 et 60 000 avortements clandestins ont lieu chaque année en Uruguay, dans de mauvaises conditions hygiéniques ; le pays compte plus de 3 millions d’habitants. L’avortement reste interdit dans la plupart des pays d’Amérique latine, à l’exception de Cuba, de la Guyane et de la ville de Mexico.

Reconnaissance du Massacre du 17 octobre 1961 en France

Dans un communiqué de presse laconique, le président de la République française, François Hollande, a reconnu la répression sanglante des Algériens lors de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 à Paris : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Cette première reconnaissance officielle du massacre par la présidence de la République correspond à une promesse de campagne de François Hollande. Selon les estimations des historiens, 300 personnes avaient été tuées. Le communiqué a été accueilli comme « un premier pas très important » par Mehdi Lalloui, l’un des responsables du Collectif pour la reconnaissance du 17 octobre 61. Le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a salué « les bonnes intentions » de la France. François Hollande doit se rendre en décembre à Alger pour une visite officielle.

 

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