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Lundi 15 octobre 2012

Belgique : Victoire des Séparatistes Flamands aux Municipales

Le parti séparatiste flamand, l’Alliance Néo-Flamande, N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie) a remporté dimanche les élections municipales en Belgique. Symbole de cette victoire, la ville d’Anvers, première ville de Flandre, et deuxième port européen : ce bastion du parti socialiste depuis 1945 (à l’exception d’un intermède de six semaines en 1976) a vu triompher le leader du N-VA, Bart De Wever, qui l’a emporté sur le socialiste Patrick Janssens, avec 38% des voix. La poussée du N-VA s’est faite au détriment du parti d’extrême-droite, le Vlaams Belang, qui de 33% en 2006, passe à 10% cette année. Ailleurs en Flandre, le N-VA recueille 30% des voix en moyenne. A Anvers, le chef de file de la N-VA refusera de discuter avec l’extrême droite, pour éviter toute assimilation avec ce courant, même s’il a accueilli plusieurs de ses cadres. Bien qu’il s’agisse d’élections municipales et non nationales, ces résultats ont une signification plus large, à la fois nationale et européenne. Plus prospère que les régions francophones du Sud de la Belgique, la Flandre a vu se multiplier les revendications nationalistes. Les dernières élections législatives, en 2010, avaient enregistré la percée du N-VA, qui remportait 27 sièges sur 150. Une crise politique sans précédent s’en était suivi, la Belgique ne parvenant à former un gouvernement de coalition que 18 mois plus tard, en décembre 2011. Lors de sa victoire, Bart De Wever a interpellé le premier ministre socialiste wallon, en lui demandant de « prendre ses responsabilités » et d’engager avec la N-VA une discussion sur la mise en place d’un système confédéral avant les élections législatives de 2014. Le premier ministre Elio di Rupo et les membres de son parti ont minimisé l’importance de cette victoire, en mettant l’accent sur le caractère local du scrutin. Les résultats des élections municipales belges risquent de trouver un écho ailleurs dans l’Union européenne, où des régions prospères économiquement remettent en cause leur appartenance à des nations mises à mal par la crise de la dette souveraine, comme la Catalogne en Espagne. Au Royaume-Uni, le premier ministre David Cameron s’est rendu aujourd’hui à Edimbourg pour sceller avec le premier ministre nationaliste écossais Alex Salmond un accord pour la tenue d’un référendum en 2014 sur l’indépendance de l’Ecosse.

Philippines : Signature d’un Accord-Cadre pour la Paix entre Gouvernement et Rebelles du MILF

Une feuille de route pour la paix a été signée entre le gouvernement des Philippines et le plus grand groupe rebelle musulman, le Front de Libération Islamique Moro (M.I.L.F.). La feuille de route a été officialisée lors d’une cérémonie retransmise à la télévision nationale en présence du Président des Philippines, Benigno Aquino, du chef du MILF, Murad Ebrahim, et du premier ministre malaisien, Najib Razak, qui a accueilli les négociations dans son pays. “Je viens ici l’esprit en paix et pour forger un partenariat de paix, sur la base d’un accord cadre entre le M.I.L.F. et le gouvernement philippin”, a déclaré le chef du mouvement rebelle. L’accord-cadre constitue la première étape vers l’établissement d’une paix durable dans cette région des Philippines ravagée par l’insurrection depuis le début des années 1970. Il prévoit de créer une zone semi-autonome sur les îles de Mindanao, dans le sud de l’archipel qui prendrait le nom de Bangsamoro (“nation musulmane”). L’échéance fixée par l’accord-cadre, 2016, correspond à l’année où le président des Philippines, Benigno Aquino, s’est engagé à quitter le pouvoir après un mandat unique de six ans. Actuellement, entre 4 et 9 millions de musulmans vivent à Mindanao. Le reste des Philippines est majoritaires catholique. En échange de pouvoirs étendus en matière fiscale ainsi que d’une “partie équitable” des richesses de la région, le M.I.L.F. renonce à l’indépendance et organise le désarmement de ses 12 000 hommes. La charia, la loi islamique, sera appliquée au civil mais pas au pénal. Les discussions sur l’établissement d’une région autonome dans le Sud des Philippines sont en cours depuis une quinzaine d’années. La région de Mindanao, terre agricole riche et fertile, est considérée par les musulmans du M.I.L.F. comme leur berceau avant l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle et la christianisation du pays. Après 15 ans d’insurrection, elle est durement touchée par la pauvreté. Depuis les années 1970, 150 000 personnes sont mortes dans les affrontements. En 2003, le M.I.L.F. avait signé avec le gouvernement un cessez-le-feu, mais celui-ci n’a pas toujours été respecté. L’accord-cadre constitue la partie la plus facile à mettre en place. Il faut encore négocier les modalités de l’accord : ”Beaucoup de travail reste à faire afin de récolter les fruits de cet accord cadre”  a déclaré le président Aquino. En plus de ce travail, il faudra compter avec l’opposition d’un autre groupe rebelle important, le Front de Libération Nationale Moro (M.N.L.F.), signataire d’un accord de paix avec le gouvernement en 1996, et de petits groupes armés qui refusent l’autonomie et continuent à réclamer l’indépendance de Mindanao.

“Pas de sortie de l’euro pour la Grèce”, dit le Ministre des Finances allemand à Singapour

Alors qu’on attend toujours le rapport de la troïka – surnom donné à la Commission européenne, à la Banque Centrale Européenne (B.C.E.) et au Fonds Monétaire International (F.M.I.) – qui examine actuellement les comptes de la Grèce, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a indiqué dimanche à Singapour : “Je pense qu’il n’y aura pas de faillite du gouvernement en Grèce.” Il a ajouté qu’Athènes devrait rester membre de la zone euro si elle continue à remplir les mesures qui lui ont été imposées par ses créditeurs. Cette déclaration intervient alors que le Spiegel indique une dissension au sein de la troïka à propos du rapport qui doit permettre de débloquer une nouvelle tranche de crédit de €31.5mds ($40.83mds). En principe, le déblocage devait être autorisé si la Grèce atteignait un déficit de 120% de son P.I.B. en 2020. Mais les prévisions économiques ont conduit les analystes à juger cet objectif irréalisable. Le F.M.I. et la B.C.E. misent aujourd’hui sur un déficit de 140% du P.I.B. à l’horizon 2020. Plus optimiste, la Commission européenne estime que la Grèce pourrait tabler sur un déficit de 128% de son P.I.B. La marge de manœuvre donnée à la Grèce correspondrait à deux années supplémentaires et €30mds en plus. Une somme qui ne pourrait être trouvée que si une partie de la dette grecque est annulée ou grâce à un troisième plan de sauvetage. Cette dernière option est pour l’instant exclue par l’Allemagne. Dans ce contexte, la réponse de Wolfgang Schäuble correspond à une volonté de rassurer des pays d’Asie et de les inciter à acheter des obligations grecques, espagnoles ou italiennes. Il doit porter le même message en Thaïlande, lors d’un sommet des ministres des finances Asie-Europe aujourd’hui. Les taux d’emprunt pour les obligations grecques à 10 ans ont atteint lundi leur plus bas niveau depuis août 2011, à 17,4%.

Le Portugal se Prépare à un Budget d’Austérité pour 2013

Le gouvernement portugais du premier ministre Pedro Passos-Coelho doit annoncer lundi un projet de budget pour 2013 placé sous le signe de l’austérité. Par ce budget, le gouvernement espère être en mesure de respecter le plan de sauvetage financier de €78mds accordé au pays en mai 2011. La police s’attend à de nombreuses manifestations devant le Parlement. Le budget doit reposer sur une augmentation d’impôts allant jusqu’à 30%, des coupes dans les pensions de retraite, l’instauration d’une taxe sur les transactions financières et une augmentation des taxes foncières. Depuis septembre, de nombreuses manifestations de protestation contre les mesures d’austérité ont eu lieu au Portugal, mi-septembre et ce weekend notamment. Le président portugais, le conservateur Aníbal Cavaco Silva a mis en garde contre une politique qui chercherait à atteindre “à tout prix” les objectifs de réduction du déficit. Ces remarques font écho aux propos de la directrice du Fonds Monétaire International : “Au lieu d’une réduction frontale et massive, il est parfois préférable d’avoir un peu plus de temps étant donné que beaucoup de pays sont actuellement engagés dans des politiques de réduction des déficits”, a-t-elle déclaré jeudi, semant ainsi sur le doute sur la ligne qu’entend tenir le FMI vis-à-vis des mesures d’austérité.

La Turquie Ferme son Espace Aérien à la Syrie

La Turquie a annoncé dimanche la fermeture de son espace aérien aux vols syriens : “Nous avons fermé notre espace aérien aux vols civils et militaires syriens”, a déclaré dimanche le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu. Cette décision intervient après que la Syrie avait annoncé samedi la fermeture de son espace aérien à la Turquie. Les relations se sont tendues entre les deux pays depuis deux semaines, lorsque 5 Turcs ont été tués par des tirs d’obus syriens le 3 octobre. Le 10 octobre, Ankara forçait un avion syrien en provenance de Moscou à atterrir sur son territoire, en l’accusant de transporter des munitions à destination du gouvernement syrien. Moscou avait démenti. Dimanche, le ministre des affaires étrangères russse, Sergei Lavrov, a indiqué : “Je vous assure que personne ne devrait s’inquiéter des relations entre la Russie et la Turquie. Elles se développent sur une base stable et solide.” La Turquie a appelé à la fermeté vis-à-vis du régime de Bachar el-Assad. Elle tente de se positionner comme un acteur incontournable au Moyen-Orient. Dans le même temps, l’Iran, pays allié du régime de Bachar el-Assad, a transmis à l’envoyé spécial des Nations Unies et de la Ligue Arabe, Lakhdar Brahimi, un plan détaillé pour la résolution du conflit syrien dont les détails ne sont pas encore connus. L’Union Européenne (U.E.) a annoncé lundi la mise en place de sanctions supplémentaires, comprenant notamment le gel d’avoirs et l’interdiction à 28 Syriens et deux entreprises syriennes de se rendre à une réunion avec les ministres des affaires étrangères de l’U.E. Ces sanctions – la 19ème  série depuis mars 2011 – portent à 181 le nombre de Syriens et 54 le nombre d’entreprises inscrites sur une liste noire par l’U.E. Les sanctions contiennent aussi l’interdiction d’acheter, transporter, assurer ou porter assistance aux entreprises syriennes qui font commerce d’armes.

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